Les investisseurs institutionnels s’accommodent d’un coûteux carcan réglementaire
Quand bien même les investisseurs institutionnels à travers le monde reconnaissent le bien-fondé et les bienfaits du récent mouvement de renforcement des réglementations qui leur sont appliquées, ils n’en sont pas moins soucieux du coût de cette évolution sur leur performance de gestion. Et cet impact n’est pas négligeable, à en croire les résultats de l’enquête Global Risk Monitor publiée par Allianz Global Investors.
Alors que près des trois quarts (72%) des quelque 400 responsables d’investissement interrogés cet été dans quarante pays pour le compte du gestionnaire d’actifs estiment que la réglementation a un coût «réel et mesurable», l’échantillon évalue en moyenne à 2,3% ce coût sur la performance annuelle de gestion. Le cadre réglementaire contraint ainsi fortement selon les personnes interrogées leur allocation, et de façon défavorable.
La réglementation est assurément «un sujet brûlant» selon Andreas Hilka, responsable des solutions de retraite d’Allianz GI. Le dirigeant relève le «sentiment général» parmi les investisseurs que «la réglementation va dans le bon sens et n’est pas mauvaise en soi». Ce qui n’empêche pas l’émergence d’«effets secondaires», les règles pouvant être perçues comme «trop techniques, trop sévères, et donc comme trop coûteuses».
Un gérant nord-américain en appelle ainsi à restreindre le volume des règles mais à doter les régulateurs des pouvoirs adéquats pour les faire appliquer rigoureusement. Nombre d’investisseurs réclament selon Allianz GI «une litanie de réformes plus tactiques», concernant le trading à haute fréquence, le levier ou la promotion de l’investissement à long terme.
Et l’horizon semble encore bien incertain selon les investisseurs institutionnels. 11% d’entre eux seulement envisagent un contexte politique et réglementaire plus favorable au cours des trois prochaines années. 39% préfèrent miser sur une stabilité, laissant donc la moitié exactement de l’échantillon craindre un contexte dégradé.
Le sentiment des investisseurs français apparaît dans ce contexte plus mesuré, un quart voulant croire à une tendance favorable tandis que 38% tablent sur une dégradation. L’humeur dans l’Hexagone est pourtant plus maussade concernant la situation actuelle, 38% des sondés estimant que le cadre réglementaire actuel ne permet pas d’investir efficacement, un sentiment partagé par 31% des investisseurs tout de même à l’échelle européenne et 27% dans le monde.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France