Les investisseurs institutionnels français demeurent peu diversifiés

Tandis que l’obligataire se taille la part du lion, les placements alternatifs restent les parents pauvres de leur allocation
Antoine Landrot
La part des obligations a encore progressé en 2013 et s’élève à 73%, ainsi que celle des actions qui atteint 14%. Illustration Fotolia.
La part des obligations a encore progressé en 2013 et s’élève à 73%, ainsi que celle des actions qui atteint 14%. Illustration Fotolia.  - 

Dans la version 2013 de l’enquête annuelle réalisée auprès de ses membres, l’Af2i (Association française des investisseurs institutionnels) soulignait qu’une écrasante majorité d’entre eux (près de 90%) cherchait à se prémunir de l’environnement de taux faibles – qu’ils estimaient durable – en diversifiant leur portefeuille obligataire. Ils ont confirmé cette approche dans l’édition 2014 de ce panorama, dévoilée à l’occasion des entretiens de l’Af2i.

La part des obligations a encore légèrement progressé en 2013, malgré une proportion déjà importante. Elle atteint 73%, contre 72% en 2012 et 71% en 2011. Mais l’enquête précise que la diversification s’est encore accrue et s’est «perfectionnée» au sein de cette classe d’actifs. En moyenne, les titres souverains (et assimilés) ont représenté un peu plus de 40% des obligations, tandis que la dette émise sur les marchés par les entreprises non financières confirme son importance avec près de 25% des encours obligataires. Elle dépasse celle des entreprises financières (banques, assurances…), dont la part atteint un peu plus de 20%.

Profitant de la progression des Bourses, la part des actions s’est adjugé deux points de pourcentage, à 14%. Les encours de prêts – qui ont bénéficié de la désintermédiation du financement des entreprises – doublent à 2%. Mais force est de constater que l’allocation globale des investisseurs institutionnels évolue très lentement. Les placements alternatifs par exemple stagnent, voire régressent, malgré les discours sur la place de l’investissement de long terme dans le financement de l’économie et les promesses faites il y a plusieurs années par les assureurs à l’égard du capital-investissement. La part des hedge funds passe à 1%, tandis que le private equity stagne à 1% et les infrastructures retournent au quasi-néant (contre seulement 1% en 2012). L’immobilier reste à 4%.

L’explication se trouve en partie dans le fait que l’Af2i raisonne en encours sous gestion des investisseurs institutionnels, pas en termes d’engagements. Ainsi, les fonds infrastructures ou de prêts levés l’année dernière ne sont pas considérés dans leur ensemble; seules les opérations réalisées sont comptabilisées.

Dans un autre registre, le poids des fonds de droits étrangers continuent sa progression. Ceux-ci ont représenté environ 18% des véhicules sélectionnés par les institutionnels français.

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