Les investisseurs financiers hors ETF ont soutenu la demande d’or en 2011
Alors que la consommation du secteur de la joaillerie a baissé, le métal jaune a joué à plein son rôle de valeur refuge
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Solenn Poullennec
En 2011, la demande en or a été soutenue par les investisseurs financiers, notamment par les Européens qui cherchent à se protéger contre la crise souveraine. C’est l’une des conclusions que dresse le Conseil international de l’or (World Gold Council), qui représente les principales compagnies minières, à l’occasion de la parution de son rapport annuel.
L’an dernier, la demande a seulement augmenté de 0,4% en volume à 4.067 tonnes. Mais en valeur, c’est la plus forte hausse jamais enregistrée par l’institution, à 205,5 milliards de dollars. Il faut dire que le cours de l’or a progressé de 10,2% au cours de l’année dernière pour finir à 1.566 dollars l’once. Dans le détail, la demande des investisseurs financiers a grimpé de 5% en un an. Les investisseurs des pays émergents se sont tournés vers le métal jaune pour contrer les menaces d’inflation liée à l’alimentaire.
Par ailleurs, en Europe, la demande en or a augmenté de 26% en un an, à 374,8 tonnes. «L’Allemagne et la Suisse ont été les principaux responsables de cette hausse alors que la zone euro reste en pleine tourmente et que le besoin de protection des actifs reste une priorité», souligne le rapport. Les banques centrales ont acheté plus de 500 tonnes d’or en deux ans. Leur engouement traduit la volonté des pays émergents de diversifier leurs réserves de change et renforcer leur stabilité financière.
L’ensemble des investissements financiers a surtout été réalisé en lingots et en pièces alors que la consommation de métal liée aux ETF a chuté de 58%. Selon le Conseil, cette baisse s’explique notamment par des prises de profits.
Par ailleurs, la demande émanant du secteur de la joaillerie (près de 50% de la demande globale en volume) a reculé de 3%. Elle a été tirée vers le bas par l’Inde, qui est le pays le plus gourmand en or et a vu sa monnaie nationale s’affaiblir. Cependant, le Conseil considère que la demande a bien résisté compte tenu de l’augmentation du prix du métal. Enfin, la consommation du secteur de la technologie (pour fabriquer des semi-conducteurs etc.) a diminué de 1%.
Pour 2012, le Conseil se veut plutôt optimiste. Selon lui, la valeur refuge de l’or devrait toujours intéresser les investisseurs des pays émergents comme développés. La crise et l’augmentation du prix de l’or (l’once traitait à 1.716,8 dollars hier) risque cependant de peser sur les marchés de la technologie et de la joaillerie.
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