Les grands fonds de LBO continuent leur collecte malgré la crise
Le ralentissement de l’activité sur les LBO (leveraged buy-out) depuis six mois, suite à la crise du crédit, est l’événement le plus visible du secteur du capital-investissement (private equity). Pourtant, tous ne baissent pas les bras. TPG (ex-Texas Pacific Group) est ainsi en passe le boucler le premier closing de son sixième véhicule, révèle le Financial Times. Le montant visé n’est pas précisé, mais le fonds précédent atteignait 15 milliards de dollars. Par ailleurs, Candover Partners (dont le dernier véhicule millésimé 2005 pesait 3,5 milliards d’euros) viserait cinq milliards d’euros dans les LBO européens.
Toute crise présentant des occasions à saisir, plusieurs firmes collectent fort opportunément des fonds destinés aux sociétés financières en difficultés. C’est le cas de TPG (encore lui), dont l’objectif serait de lever six milliards de dollars pour un véhicule spécifique, mais aussi de JC Flowers, un spécialiste du genre. Le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) serait prêt à y contribuer à hauteur de quatre milliards de dollars.
Ces acteurs étatiques ou parapublics s’intéressent d’ailleurs de plus en plus au private equity. Ainsi, le singapourien Governement Investment Corp (GIC) devrait être le premier contributeur du fonds de TPG, en investissant entre deux et trois milliards. Le chinois State Administration for Foreign Exchange est également cité.
Comme les mois précédents, les fonds de dette mezzanine redoublent d’activité à la faveur de la crise et d’un intérêt marqué des investisseurs. En effet, l’augmentation des engagements des fonds equity dans les montages de LBO (pour compenser le manque de financement bancaire) affecte durement les rendements potentiels du capital. C’est également pour cette raison que les mezzaneurs se lancent de plus en plus dans des financements «sponsorless», c’est-à-dire des transactions sans recours à un partenaire en capital. Logiquement, Acto Mezzanine a largement dépassé son objectif initial de 150 millions d’euros, tout comme Capzanine, qui comptait à l’origine lever 250 millions pour Capzanine 2. Cela dit, 90 % des 325 millions ont été levé de mai à juillet. La firme fondée par Christophe Karvelis est un acteur «one stop», capable de fournir mezzanine et capital. Ce type de positionnement (à l’instar d’European Capital) autorise une souplesse qui peut intéresser certains investisseurs.
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