Les gérants paient des frais incohérents en recherche
Voilà de quoi jeter de l’huile sur le feu entre les banques d’investissement et les gestionnaires d’actifs au sujet du véritable coût de la recherche facturée par les premières aux seconds. Entre décembre 2016 et janvier 2017, le cabinet américain Integrity Research a interrogé 161 fournisseurs de recherche dans le monde, dont 64 banques d’investissement. Les résultats publiés début avril montrent de grandes disparités de prix : les banques d’investissement facturent en moyenne 75.000 dollars par an aux gérants pour l’accès à leur recherche. Certaines vont même jusqu’à demander 1,5 million de dollars. Les fournisseurs de recherche indépendants, pour le même service, facturent en moyenne 40.000 dollars par an, et certains ne demandent que 1.500 dollars.
A partir du 3 janvier 2018, avec l’entrée en application de la directive MIF 2, les courtiers devront mieux expliciter leur tarification afin de ne pas mélanger les coûts d’exécution et de recherche. Précédemment, les deux parties avaient des avantages à maintenir le flou : les courtiers pouvaient tenter de décrocher des contrats en faisant miroiter la gratuité de leur recherche ; et les gérants pouvaient, en connaissance de cause ou non, transférer le coût de cette recherche à leurs clients sans que ceux-ci puissent le distinguer des frais d’exécution.
«La majorité de la recherche institutionnelle sur les actions est encore empaquetée avec les commissions de courtage, donc ni les consommateurs ni les producteurs n’ont une idée claire de la manière de la tarifer», explique dans un communiqué le fondateur d’Integrity Research, Michael Mayhew.
Fin février, Brijesh Malkan, un ancien gérant de fonds aujourd’hui consultant pour un fournisseur de recherche indépendant, confiait au Financial Times que ses clients s’étaient vu demander de payer 10.000 euros le coup de fil avec les meilleurs analystes d’une banque d’investissement. Et le directeur d’une société de gestion de renchérir : «les premiers courtiers avec lesquels nous avons discuté nous ont demandé un montant deux à trois fois supérieur à ce que nous payions auparavant».
«Il y a une négociation en cours car les gestionnaires d’actifs voient une succession de courtiers franchir leur porte et dire qu’ils ne sont pas assez payés. Au bout d’un moment les gérants hausseront simplement les épaules», estime Sanford Bragg, associé chez Integrity Research.
Plus d'articles du même thème
-
AM Tech Day 2026 : le rendez-vous tech & innovation de la gestion d’actifs se tiendra le 3 novembre au Palais Brongniart
Organisé par L’Agefi, l’AM Tech Day 2026 réunira les professionnels de l’asset management, du wealth management, du trading et des technologies financières autour des grands enjeux de souveraineté numérique, d’IA, de cybersécurité, de blockchain, d’exécution et d’innovation. -
La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
La banque d’affaires cotée à New York a vu son bénéfice fondre de 90% au deuxième trimestre, sous l'effet d'un taux d'impôt exceptionnellement élevé et de charges liées au rachat en cours de Campbell Lutyens. -
SBI Funds Management, co-entreprise d'Amundi en Inde, grimpe d'environ 9% pour ses débuts en Bourse
La cotation de SBI Funds Management a débuté ce mardi 21 juillet à Mumbai. Elle cristallise la valeur de la co-entreprise formée entre Amundi et State Bank of India il y a 22 ans. -
Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
Les investisseurs ont sursouscrit 42 fois l'introduction en Bourse de SBI Funds Management. Le prix a été fixé à 574 roupies, soit dans le haut de la fourchette. -
EXCLUSIF
Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
Fondée par Laurent Dobler, Nicolas Kieffer et Victor Gutzwiller, la jeune boutique parisienne lance sa première Sicav luxembourgeoise et anticipe un retour des allocataires d’actifs vers la gestion de conviction. -
Rothschild & Co AM collecte 3,6 milliards d’euros au premier semestre 2026
La collecte a été portées par différents pays et différentes typologies de clientèle. R-co Valor et R-co Conviction Credit Euro attirent une bonne partie des flux. Cela permet à la société de gestion d'atteindre les 50 milliards d'euros d'encours.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Dans la courseA 100 jours des midterms américaines, la reconquête démocrate n'est pas gagnée
Porté par l’impopularité de Donald Trump et l’inquiétude autour du pouvoir d’achat, le Parti démocrate fait la course en tête dans les sondages. Mais entre désavantage financier, découpage électoral défavorable et divisions internes, la route vers la majorité au Congrès reste semée d’embûches -
Lance-flammesIncendies : pour Marine Tondelier, les « pyromanes » sont aussi au gouvernement
La leader des Ecologistes a appelé Emmanuel Macron à convoquer une réunion de crise en « format Saint-Denis », avec les chefs de parti et les présidents des groupes parlementaires -
PolycriseMégafeux : branle-bas de combat pour les entreprises
Face à la situation en Gironde, l’urgence économique s’installe, 13 000 entreprises étant coupées du monde et obligées de recourir au système D. L'Etat priorise l'énergie et la question des indemnisations