Les fonds faussement actifs sortent de l’anonymat
L’association de défense des épargnants et des investisseurs Better Finance a publié hier la liste des fonds ayant de fortes chances d’être faussement actifs (closet indexing funds ou closet trackers), c’est-à-dire de répliquer un indice tout en facturant des frais identiques à ceux de la gestion active. L’autorité européenne des marchés financiers (Esma) avait publié sa propre liste sous forme anonyme en février 2016. En utilisant les mêmes critères, sur des données collectées entre 2010 et 2014, Better Finance a identifié 165 OPCVM potentiellement faussement actifs : avec une active share (part des titres en portefeuille qui diffèrent de ceux de l’indice de référence) inférieure à 60% et un écart de suivi (tracking error) inférieur à 4%. Parmi ces fonds, 46,4% sont domiciliés au Luxembourg, 15,7% en France, 8,4% en Irlande, et 7,2% au Royaume-Uni.
Les plus mauvais élèves sont Fidelity International (9 fonds dont un de 1,7 milliard d’euros d’encours), JPMorgan (sept fonds dont trois dépassent le milliard d’euros d’encours), Schroders, Henderson, NN Group, Candriam et Amundi. Ce dernier est cité au titre de neuf fonds (sept de droit français et deux de droit luxembourgeois) pour un total de 2 milliards d’euros d’encours, tandis que sa filiale CPR AM est citée quatre fois, pour un encours total de 1,2 milliard d’euros.
Contacté par l’Agefi, Amundi souligne que les fonds de droit français mis en cause par l’Esma ont été blanchis par l’AMF le 17 janvier dernier, l’institution estimant que «les critères quantitatifs utilisés ne permettaient pas à eux seuls de pouvoir affirmer que des fonds étaient bien des closet trackers». Quant à ses deux fonds de droit luxembourgeois, le gérant observe qu’«après enquête aucun régulateur n’a formulé de grief à l’encontre d’Amundi sur ce sujet».
Axa, Covéa, CNP assurances, BNP Paribas et Groupama sont chacun cités une fois tandis que Natixis, LCL et Parvest (la sicav de droit luxembourgeois de BNP Paribas) sont chacun cités deux fois.
Candriam, l’ex-filiale de gestion d’actifs de la banque franco-belge Dexia, rachetée par New York Life Investments en 2014, compte 9 fonds cités pour un encours total de 2,7 milliards d’euros. «L’utilisation de deux critères quantitatifs […] est trop simpliste, déclare un porte-parole à l’Agefi. [...] Il faut prendre en compte un large spectre de critères tels que l’objectif du fonds, la politique d’investissement, le cadre de risque, l’univers d’investissement, le style de management, etc».
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