Les gérants français doutent de l’efficacité du déblocage du PEE
Si l’annonce par le président François Hollande d’autoriser le déblocage immédiat des plans d’épargne entreprise (PEE) sans pénalité fiscale devrait soulager les constructeurs automobile français, qui avaient réclamé cette mesure, elle suscite la désapprobation des gérants d’actifs. Le président propose que le retrait – possible pendant une période de 6 mois – soit limité à un maximum de 20.000 euros, pour réaliser «quelque achat que ce soit».
Pour l’Association française de la gestion financière (AFG), la mesure risque d’être contreproductive. «Cette épargne longue est investie à 60% en actions et finance les entreprises sur le long terme […]. Le déblocage de la participation va donc à l’encontre de l’objectif de développement d’une épargne longue au service de l’économie réelle», indique-t-elle. Hasard ou pas, la remise du rapport sur l’épargne longue par les députés Karine Berger et Dominique Lefebvre, prévue mercredi dernier, a été décalée.
L’association doute aussi de l’efficacité de la mesure. A l’occasion du déblocage précédent, en 2004, les ménages avaient sorti 7,5 milliards d’euros. Dans une note de mars 2005, l’Insee en estime l’effet sur la consommation entre 1,5 et 2,5 milliards seulement. Le solde est allé alimenter des produits d’épargne plus liquides. Une probabilité d’autant plus forte depuis le doublement de plafond du Livret A.
Pour limiter ce risque, les salariés devront-ils justifier de l’usage de la somme ponctionnée de leur PEE? Le retrait sera-t-il éligible au remboursement d’une dette? Il sera en outre impossible de s’assurer que les dépenses bénéficient aux industriels français.
On peut également y voir un détournement de l’objectif du PEE, créé à l’origine en prévision d’échéances de long terme. «A la veille de la nouvelle réforme des retraites, est-il souhaitable d’inciter les salariés à liquider leur épargne longue?», s’interroge l’AFG.
La part du PEE concernée représenterait un gros tiers des 90 à 95 milliards d’euros d’épargne salariale. «La gestion des actifs des PEE représente en général une part limitée de l’activité des sociétés de gestion», assure Laure Delahousse, directrice épargne salariale de l’AFG. Mais le ministère de l’Economie sociale et solidaire devrait se sentir trahi. En effet, «chaque PEE doit investir entre 5% et 10% de ses encours dans un fonds de l’économie solidaire», rappelle Laure Delahousse. En écho, l’association Finansol a indiqué regretter la mesure.
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