Les gérants d’actifs regrettent les contradictions du gouvernement
L’Association française de la gestion financière (AFG) aurait pu accorder un satisfecit aux pouvoirs publics, tant certaines de ses dispositions lui paraissaient en mesure de redresser l’épargne et la placer au service du financement de l’économie. Mais elle garde en travers de la gorge l’augmentation à 15,5% des prélèvements sociaux (CSG, CRDS) sur les gains issus des PEA de plus de cinq ans, de contrats d’assurance vie et de certains PEL, prévue par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
«C’est une mesure rétroactive sur quinze ans. Elle est défavorable aux actions car elle conduit à une inégalité de traitement vis-à-vis des autres produits d’épargne dont la fiscalité est progressive année après année», tonne Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l’AFG. L’association attend beaucoup des amendements relayés par certains députés de la majorité.
«C’est incohérent et anti-pédagogique au regard des bonnes nouvelles annoncées en faveur de l’épargne longue», regrette le président de l’AFG. L’association en a salué plusieurs. Le relèvement de 18.000 euros du plafond du PEA (à 150.000 euros), la création d’un PEA-PME, ainsi que l’augmentation des abattements sur les plus-values actions.
Si l’AFG a salué la «simplicité» du PEA-PME, elle demande toutefois des améliorations. Concernant le non-coté, l’association regrette les limites à l’éligibilité des Fonds commun de placement à risque (FCPR) et demande de pouvoir utiliser des FCPR existants. «Le FCPR peut conserver jusqu’à 50% de liquidités afin de garder une marge de manœuvre pour participer à d’éventuelles augmentations de capital de ses sociétés en portefeuille et faire face aux dépenses de fonctionnement», indique Paul-Henri de La Porte du Theil. Or, le PEA-PME exige un investissement minimum de 75% en titres.
L’AFG demande également la possibilité d’utiliser des fonds de fonds, ce que l’Autorité des marchés financiers n’autorise pas pour l’instant.
Par ailleurs, l’AFG perçoit des signes d’évolution positifs du côté des marchés. En effet, les encours gérés pour compte de tiers en France ont crû de 3,3% sur les huit premiers mois de 2013, à 3.036 milliards d’euros, un record absolu. Cette évolution est essentiellement due à un effet marché, mais l’association perçoit un climat positif pour les prêts aux entreprises. L’AFG a ainsi créé des groupes de travail sur les fonds communs de titrisation et sur les fonds d’infrastructures.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France