Les gérants d’actifs misent sur l’externalisation
Confrontés à un environnement de faibles rendements, investisseurs et gestionnaires d’actifs s’adaptent. Alors que les investisseurs institutionnels réfléchissent de plus en plus à réinternaliser une partie de leur gestion, les gérants d’actifs sont à l’inverse tentés par l’externalisation d’une partie de leurs opérations. C’est notamment le cas des opérations de «trade support» (veille et analyse d’opportunités sur les marchés financiers), désormais externalisées par 34% des gérants, selon une étude menée par le cabinet Ailancy auprès de 38 sociétés françaises.
«Depuis deux à trois ans, de nombreuses sociétés de gestion nous ont confié réfléchir aux possibilités d’externalisation des fonctions de middle-office flux, et plus généralement de toutes les fonctions standardisées à faible valeur ajoutée», explique Anne Plazanet, associée chez Ailancy. Les gérants sont ainsi 94% à sous-traiter l’exécution des ordres de souscription rachat auprès de leurs dépositaires.
Dans leur très vaste majorité, les gérants ont aussi externalisé les nouvelles obligations héritées du règlement européen Emir (acteurs des marchés de produits dérivés), que ce soit dans la réconciliation des positions (45%), la déclaration des achats et ventes de titres (80%) ou des valorisations (69%). Les reportings mis en place par la directive AIFM ( fonds d’investissement alternatifs) sont quant à eux sous-traités à 70%. «Les reportings AIFM ont été dans beaucoup de cas directement externalisés en raison de la difficulté et du délai de mise en œuvre plus court que dans le cas des DICI (document d’information clé pour l’investisseur, ndlr)», note Anne Plazanet. Ce dernier, institué par la directive OPCVM IV, demeure en effet réalisé à 68% en interne.
Les gérants sont également réticents à l’idée de sortir certaines fonctions jugées stratégiques. Ainsi, la négociation des titres demeure réalisée en interne dans 90% des cas (à l’exception notable du marché des changes), les acteurs choisissant l’externalisation n’ayant en général pas atteint une taille suffisante. La tenue de position, qui facilite notamment la gestion de la trésorerie, demeure elle aussi internalisée chez 90% des gestions. «La complexité des projets et la dimension stratégique a dans certains cas conduit à des retours en arrière», relève Anne Plazanet. BNP Paribas IP, qui avait conclu un accord avec BP2S au milieu des années 2000, a ainsi procédé à une réinternalisation de ses opérations de tenue de position.
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