Les gérants augmentent leur cash en portefeuille
Les récentes tensions sur les marchés obligataires ont poussé les gérants à augmenter fortement la part de cash dans leur portefeuille pour le mois de juillet. Celle-ci a été portée de 4,61% en juin à 6,5% en juillet, selon notre panel. Cette hausse de plus de 40% traduit le regain de prudence des panélistes vis-à-vis de la classe d’actifs des obligations d’entreprise.
La Banque Postale AM a fait passer sa part de cash de 5% pour le mois de juin à 10% en juillet, Axa IM de 3% à 8%, CCR AM de 8% à 11%, Dexia AM de 3% à 4,5%. Seuls les gérants de BNP Paribas et Allianz Global Investors ont réduit leur liquidités en portefeuille respectivement de 2% à 1% et 6% à 4%. La majorité des gérants interrogés conservent néanmoins pour près de 60% une vue positive sur les obligations corporate mais ils se montrent plus prudents notamment s’agissant de la dette émergente.
L’annonce par la Réserve fédérale américaine d’un possible ralentissement des rachats d’actifs d’ici à la fin 2013, et d’un arrêt de son programme d’assouplissement quantitatif QE3 probablement mi-2014 a fait chuter les marchés obligataires notamment dans les pays émergents. Ils ont été les principales victimes du mouvement de «sell off» (ventes massives) des dernières semaines.
Le mois de mai a été un mois particulier pour les marchés obligataires émergents, qui ont enregistré leur plus forte baisse depuis la crise de 2008, souligne Damien Buchet, responsable des marchés émergents obligataires chez Axa IM. «Dans le phénomène de correction actuellement en cours, les marchés les plus risqués vont être les plus touchés par le phénomène de «repricing» (remise à niveau des prix») notamment dans les pays émergents et sur les marchés high yield», précise de son côté Félix Orsini, co-responsable des émissions de dette d’entreprise à la Société Générale.
Les gérants ont ainsi tendance à réduire leur exposition au crédit high yield qui s’essouffle même si certains considèrent qu’il offre encore des rendements convenables dans un contexte de taux faibles.
«Le principal risque de la classe d’actifs obligataire est une remontée brutale des taux», considère Gaëlle Mallejac, directrice de la gestion de taux chez Groupama AM qui affiche une position neutre sur le crédit. Toutefois, «le marché du crédit devrait rester soutenu, porté par une prime de risque toujours attractive, une amélioration tendancielle de l’environnement économique, et une remontée graduelle des taux anticipée», poursuit-elle.
«Les liquidités demeurent extrêmement importantes chez les investisseurs», ajoute Félix Orsini. Malgré le contexte incertain, un peu plus de la moitié des gérants restent neutres sur les perspectives de spreads à 1 mois ce qui signifie qu’ils n’anticipent pas de tensions particulières.
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