Les gérants affichent leur sérénité face à l’agitation des marchés
La chute des marchés actions depuis une semaine, accentuée par la dégradation de la dette américaine, n’implique pas de réallocation massive en faveur de l’obligataire ou des matières premières. De fait, peu de gérants institutionnels ont été réellement surpris par la décision de Standard & Poor’s.
En dehors du rôle qu’ont pu jouer les programmes automatiques de vente ou les assurances de portefeuilles, susceptibles d’entraîner des mouvements d’ampleur, «les marchés s’inquiètent d’avantage des perspectives de croissance, amoindries par les politiques d’austérité et le renchérissement du crédit, que de la notation des Etats à proprement parler», estime Romain Boscher, directeur des gestions d’Amundi. Ce qui rend les actifs exposés à la croissance, donc les actions, les plus vulnérables.
Mais les gérants avaient déjà pris en compte les risques pesant sur les entreprises, notamment depuis la révision à la baisse, le mois dernier, de la croissance américaine du deuxième trimestre. L’évolution de la situation des dettes souveraines n’a fait que confirmer le manque de marge de manœuvre des Etats pour relancer la machine économique. «Nous avions allégé nos positions sur les actions depuis plusieurs semaines, tout en nous renforçant sur les obligations d’Etat core –Allemagne, France et Pays-Bas– et des crédits aux secteurs non financiers», explique Philippe Troesch, directeur général d’Aberdeen AM.
«Dès les premiers plans européens en juillet, nous avions pris une position plus défensive qu’à notre habitude. Nous n’avons dès lors pas pris de position drastique depuis deux jours et avons même dissuadé certains de nos clients qui désiraient s’alléger en actions au creux du marché», explique également Pascale Auclair, directrice générale d’UFG-LFP.
La baisse des actions depuis plusieurs semaines donne même des idées. «D’après nos estimations, les niveaux actuels de valorisation du marché actions correspondent à des prévisions de bénéfices d’une telle prudence qu’ils sont attractifs même en cas d’affaiblissement marqué de la croissance», lance Antoine de Salins, directeur des gestions de Groupama AM.
A l’opposé, les obligations n’attirent plus tant les suffrages, malgré le minirallye observé sur la dette allemande et américaine il y a deux jours. «Nous n’achetons pas d’obligations allemandes à des niveaux de rendement aussi faibles. Les entreprises sont riches et les Etats sont pauvres. Nous préférons les obligations du secteur privé, sans pour autant modifier notre allocation dans cette classe d’actifs», illustre Pascal Heurtault, directeur de la gestion d’Aviva Investors.
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds de pension suédois AP3 voit ses encours grossir de plus de moitié
L'un des trois fonds de pension publics suédois en charge du système de pension pour les retraités suédois a publié des résultats financiers en hausse au premier semestre 2026. -
Les fonds de private equity hexagonaux misent sur le « Made in France »
Près de la moitié de la valeur des participations détenues dans l’Hexagone est aux mains d’investisseurs domestiques, un niveau parmi les plus élevés du continent. -
Volkswagen poursuit son poker menteur sur l’avenir de son outil industriel
Le premier constructeur automobile allemand cherche à adapter son profil de production pour redevenir compétitif. Syndicats, actionnaires et direction rivalisent de projets quant à l’ampleur des suppressions d’emplois à consentir. Avec la question sous-jacente des fermetures d’usines en Allemagne. -
Les banques ont largement participé à la réouverture du marché du crédit en euros
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte. -
Candriam repense sa stratégie obligataire total return
Candriam Bonds Total Return Fund devient Candriam Bonds Global Alpha Fund. -
Fin du feuilleton pour First Brands, l'entreprise est placée en liquidation judiciaire
Le plan de faillite proposé par First Brands a été rejeté par un juge lundi 24 août. L'affaire entre en liquidation, les créanciers ne seront donc remboursés qu'avec la vente des actifs de l'entreprise.
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Le projet de la SEC de supprimer la règle du « meilleur prix » met les investisseurs vent debout
- Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Wall Street ouvre la porte vers les ETF sur les humanoïdes chinois
Contenu de nos partenaires
-
Le choix du princePourquoi l'Arabie saoudite mise sur son partenariat avec la France
L'imprévisibilité des Etats-Unis de Donald Trump pousse l'homme fort d'Arabie saoudite, Mohamed ben Salmane, à se tourner vers d'autres pays -
PschittL'opération « Paria économique » de Trump contre l'Iran, ou l'art de menacer sans frapper
L'administration américaine a prévenu les alliés de Téhéran qu'ils s'exposaient à « toute la puissance américaine », alors qu'elle cherche à isoler le régime. Elle rechigne pourtant à dévoiler ses sanctions et à mentionner la Chine, pourtant premier importateur de pétrole iranien -
« Le général doit se retourner dans sa tombe » : la liste « Le Pen-De Gaulle » pour les sénatoriales fait jaser
Dans la Sarthe, le Rassemblement national se vante de compter sur sa liste l’arrière-petite-fille du général de Gaulle, qui a repris son nom de jeune fille pour la campagne.