Les flux d’investissement sortants font repartir le yen à la baisse

La devise nippone s’est dépréciée de 12% contre les autres devises du G10, et est tombée à des plus bas depuis 2008 et 2009 contre livre et euro
Patrick Aussannaire

Le yen repart à la baisse. La devise nippone s’est dépréciée de 3,7% sur un mois, ce qui a permis à la parité de revenir à 101,05 vendredi. Un niveau proche de 103,21, son plus bas depuis juin 2008 atteint en mai dernier. Natixis anticipe d’ailleurs un retour sur ce seuil d’ici à la fin de l’année. Contre euro, le yen est même revenu à 136,83, son plus faible niveau depuis octobre 2009. Il accuse ainsi une chute de valeur de 15% depuis avril et de 45% depuis son point haut de 94,31 atteint en juillet 2012. La livre sterling n’a pas dérogé à cette tendance en atteignant vendredi une parité contre yen de 163,93, au plus haut depuis octobre 2008 et en progression de 4% sur un mois, et de 37% depuis juin 2012.

«La valeur du yen semble reprendre sa tendance baissière à court terme, après être restée relativement stable depuis début juillet», indique ainsi Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ. Depuis le début de l’année, le yen s’est déprécié de 12% contre le panier de devises du G10, la plus mauvaise performance du groupe. Dans le même temps, le dollar se renforçait de 4% et l’euro de 6,6%. En outre, cette chute du yen, qui s’est accentuée la semaine dernière, a été réalisée «malgré le fait qu’il n’y ait eu aucune nouvelle information annoncée concernant la réforme du GPIF (le fonds de pension public, ndlr), ni d’indications d’un nouvel assouplissement de la part de la BoJ», comme le constate Citigroup.

La remontée des taux aux Etats-Unis, qui a entraîné un écartement du spread avec les taux nippons, de 210 pb sur le 10 ans, est une des raisons de ce mouvement. «La hausse des rendements américains devrait entraîner des sorties de capitaux supplémentaires au Japon, où la BoJ maintient son assouplissement quantitatif à plein régime», anticipe Sean Callow, stratégiste chez Westpac Banking. Le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a d’ailleurs enfoncé le clou la semaine dernière en estimant que le yen n’était pas «excessivement faible», et en ajoutant qu’il fera tout son possible pour conserver les taux à un faible niveau.

A 0,62%, le rendement des obligations d’Etat japonaises à 10 ans est sur une pente descendante, après être monté fin mai à près de 1%. Parallèlement, le taux 10 ans américain est de 2,78%, le taux britannique de 2,81% et le taux allemand de 1,76%. Une situation paradoxale puisque «le succès de la politique destinée à «réinflater» l’économie japonaise repose sur la hausse des taux longs», comme le rappelle Natixis.

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