Les eurodéputés font un pas pour relancer le marché européen du carbone

Ils ont voté pour la mise en place dès 2018 d’un système luttant contre le surplus de quotas. Ils doivent encore s’accorder avec les Etats membres.
Solenn Poullennec
Le prix des quotas d’émissions de gaz à effet de serre a plongé de près de 75% depuis 2008. Photo DR.
Le prix des quotas d’émissions de gaz à effet de serre a plongé de près de 75% depuis 2008. Photo DR.  - 

Les eurodéputés de la commission de l’environnement ont fait un pas mardi dernier pour rendre le marché européen du carbone à nouveau fonctionnel. Ils ont décidé de faire entrer en vigueur dès l’année 2018, un système destiné à limiter le surplus de quotas d'émissions en circulation. La Commission avait proposé d’instaurer cette «Réserve de stabilité de marché» à partir de 2021.

«Ce vote montre avec force que le Parlement veut sérieusement combattre le changement climatique tout en ayant à l’esprit les préoccupations de l’industrie», a déclaré dans un communiqué Ivo Belet, qui conduit les négociations. «La Réserve de stabilité du marché va faire en sorte que les prix du CO2 encouragent les investissements en faveur d’une meilleure efficacité énergétique», ajoute-t-il.

Le système d’échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre européen est le plus important au monde mais il a été touché de plein fouet par la crise économique. Sous l’effet de celle-ci, le prix des quotas d’émissions a plongé de près de 75% depuis 2008, ce qui n’est guère suffisant pour inciter les industriels à réduire leurs émissions et à investir de manière à ce que leur production soit moins polluante. Hier soir, le prix du contrat dérivé sur les permis d’émissions traité sur ICE et arrivant à échéance à la fin de cette année était de près de 7,5 euros.

Le dispositif adopté par les députés européens mardi prévoit de retirer du marché une partie des quotas d’émissions si le nombre de ceux qui sont en circulation passe au-dessus d’un certain seuil. Les eurodéputés doivent encore trouver un compromis avec les Etats européens. Hier, Bloomberg, a révélé que huit pays, emmenés par la Pologne, s’étaient fendus d’une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour s’opposer à la possible mise en place anticipée du système de réserve.

«Contrôler le nombre de quotas susceptibles d’être mis aux enchères pourrait avoir avoir des conséquences économiques, sociales et financières importantes pour les Etats-membres», prévient le premier ministre polonais dans ce courrier soutenu, entre autres, par les représentants de la Croatie, de la Hongrie, de la République Tchèque et de la Roumanie. Les Etats-membres pourraient s’accorder entre eux le mois prochain, selon la présidence lettonne.

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