Les Etats-Unis risquent un sérieux coup de frein à la croissance
La «falaise budgétaire» se mue en «séquestre» aux Etats-Unis. Faute d’accord entre les camps démocrates et républicains, des coupes budgétaires automatiques sont entrées en vigueur le 1er mars. La réunion de la dernière chance, convoquée à la Maison Blanche vendredi après-midi entre le président Barack Obama et les chefs de file des groupes parlementaires démocrates et républicains, n’a pas permis de rapprocher les positions.
Le «séquestre» est le résultat d’un blocage qui remonte à 2011. Cet été-là, en échange d’une remontée du plafond de la dette, le Congrès et le Président avaient voté le Budget Control Act, qui instituait une commission bipartisane sur la réduction des déficits, afin d’économiser 1.200 à 1.500 milliards de dollars sur 10 ans. La loi prévoyait le déclenchement automatique de 1.200 milliards de coupes budgétaires faute d’accord. D’abord prévu au 1er janvier 2013, ce tour de vis avait été repoussé au 1er mars dans l’attente d’un compromis.
«Le séquestre ne produira pas de récession par lui-même, mais ralentira la croissance du PIB de manière significative, et augmentera la volatilité des statistiques trimestrielles», estimait Neal Soss, chef économiste de Credit Suisse, dans une note mi-février. Sur l’année fiscale en cours, le gel des crédits se monte à 85 milliards de dollars. Mais il s’agit là d’une enveloppe budgétaire: les dépenses effectives ne seraient réduites que de 42 milliards entre mars et septembre 2013, puis de 89 milliards sur l’année fiscale suivante, selon les estimations du Congressional Budget Office.
Le séquestre «réduirait notre prévision de croissance sur 2013 de 0,5 point (de 2% à 1,5%)», selon Neal Soss. Cette prévision correspond à celle du Fonds monétaire international. Les coupes budgétaires s’ajoutent à la fin de la remise de 2% sur les cotisations salariales (payroll tax) fin décembre 2012 et à et la hausse des taux d’imposition des Américains les plus aisés.
Un accord reste encore possible dans les prochaines semaines, mais «les prévisions de croissance du consensus pour les premier et deuxième trimestres 2013 aux Etats-Unis vont devoir être revues en baisse», souligne James Knightley, économiste chez ING. Une raison supplémentaire pour la Fed de maintenir son programme de rachats d’actifs en mars.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe reporte de trois ans la finalisation du cadre réglementaire bancaire de Bâle
Les banques européennes bénéficieront d’un sursis supplémentaire pour appliquer les normes de Bâle relatives aux risques de marché. L’Europe attend de voir comment les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne appliqueront ces normes. -
Les résultats décevants de Broadcom stoppent les fabricants de puces dans leur élan
Malgré sa montée en puissance dans l'intelligence artificielle, le groupe américain ne parvient pas à satisfaire les attentes élevées des investisseurs et efface plus de 300 milliards de dollars de capitalisation boursière. -
En Italie, un consortium bancaire émerge pour lancer un stablecoin euro
Le réseau de paiement Bancomat annonce la création d'un consortium de neuf banques italiennes pour lancer un stablecoin euro appelé Eur.Bank d'ici la fin de l'année ou au début de 2027. D'autres banques devraient rejoindre le partenariat. -
Les entreprises prennent à cœur leur devoir de reporting CSRD
L’enquête de KPMG relève une nette montée en maturité pour les grandes entreprises françaises dans un cadre réglementaire en évolution. -
Mircap Partners dépasse la cible initiale pour son deuxième fonds
La société de gestion créée par Michele Mezzarobba et François Pinel de Golleville récolte 126 millions d'euros auprès de family offices et de particuliers fortunés pour son véhicule de co-investissement. -
Azimut Capital Management nomme un directeur général
Azimut Capital Management Sgr a introduit une série de modifications organisationnelles et de gouvernance à la suite des observations formulées par la Banque d’Italie à l’issue d’une inspection clôturée en novembre 2025. C’est ce que révèle Il Messaggero dans un article.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
- James Reynolds (GSAM International) : «Il y aura une dispersion croissante des performances en crédit privé»
Contenu de nos partenaires
-
Caprice des dieuxOrganiser un débat entre candidats à la présidentielle, quelle galère !
Avec lui mais sans elle. Sur la même scène ou chacun son tour. Tout est négocié dans les événements qui réunissent les prétendants à l'Elysée -
Polémique Xenia Fedorova : Emmanuel Macron persiste et signe
Il avait prévenu. En déplacement au Monténégro pour assister au sommet entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, Emmanuel Macron s’est immiscé dans la polémique sur Xenia Fedorova. Chroniqueuse sur CNews et dans le JDNews, l’ancienne patronne de RT France est dénoncée par une partie de la classe politique pour ses commentaires systématiquement prorusses. -
StatistiquesLa part des immigrés dans la population française à un niveau record en 2025
Jeudi, l'institut a publié simultanément des chiffres faisant état d'un recul des arrivées en 2024, et d'autres indiquant une proportion d'immigrés historiquement élevée en 2025