«Les émetteurs périphériques ont enregistré une performance particulièrement forte»
Anne Velot, responsable de la gestion crédit euro chez Axa IM
Publié le
Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Comment expliquer la bonne performance du marché du crédit depuis le début d’année ?
- Anne Velot : Elle s’explique à la fois par la baisse des taux et par un resserrement supplémentaire des primes de risque. La première est influencée par des données macroéconomiques mitigées et un regain d’aversion au risque lié aux incertitudes quant à la situation de certains pays émergents, ce qui a bénéficié aux obligations d’Etat des pays développés. L’effet a été d’autant plus important que le consensus - et les positions – étaient définitivement à une hausse des taux. Ainsi, le crédit a su résister à ces soubresauts, car les entreprises européennes ont maintenu des politiques bilancielles conservatrices. Les émetteurs périphériques ont enregistré une performance particulièrement forte et poursuivi leur convergence vers les crédits core qui apparaissent aujourd’hui comme des zones relativement défensives. Le secteur des dettes subordonnées a apporté un regain de performance, avec le développement de nouvelles émissions alternatives tier 1 et corporates hybrides, offrant un surcroît de portage.
- Quelle est votre stratégie dans ce contexte ?
- Notre positionnement sur les émetteurs périphériques et les dettes subordonnées a été très profitable aux fonds et nous a permis d’absorber la volatilité autour des thématiques émergentes. En effet, les émetteurs de ces zones sont très peu représentés dans l’univers Euro Credit et les entreprises européennes qui y génèrent le plus de chiffre d’affaires sont aussi les mieux diversifiées au niveau géographique. Notre approche est restée très sélective, en évitant les pays les plus à risque comme la Russie et le Brésil. Notre stratégie peut s’adapter aux thèmes de marché les plus pertinents et nous permet d’offrir une surperformance à travers le cycle.
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