Les économistes sont plus prudents pour 2012 que le gouvernement français
Suite à la crise boursière de l'été et les incertitudes qui planent sur la zone euro, les économistes ont déjà abaissé nettement leurs prévisions économiques, notamment pour la France. Natixis voit à présent la croissance française atteindre 1,6% en 2011 et 1,2% en 2012, contre de précédentes prévisions de 1,8% et 1,6% respectivement. SG CIB vient de faire de même, et table à présent sur une progression de 1,6% du PIB en 2011 et de 1,3% en 2012.
Le gouvernement français vient, lui, de revoir plus mollement ses anticipations. La croissance ressortirait à 1,75% en 2011 et 2012, contre 2% et 2,25% attendus auparavant. Des prévisions qui semblent assez optimistes aux économistes, en particulier pour 2012. De fait, elles supposent en 2012 une «accélération très nette de l’activité, indiquent Jean-Christophe Caffet, Camille de Williencourt économistes chez Natixis dans une note d’hier. Le gouvernement semble tabler sur une bonne tenue de l’investissement des entreprises et de la consommation privée». Or, «les entreprises françaises abordent le ralentissement actuel dans une position financière et de profitabilité nettement plus dégradée qu’avant la crise de l’automne 2008», ajoutent-ils.
Si la croissance ralentit plus que ne le prévoit le gouvernement, le ratio déficit budgétaire/PIB ne diminuerait pas autant qu’attendu et s'écarterait donc des engagements pris auprès de Bruxelles. Pour l’heure, le déficit devrait passer de 5,7% en 2011 à 4,5% en 2012 d’après le gouvernement. Natixis le voit plutôt à 4,9% du PIB l’an prochain. En cas de ralentissement de la croissance plus fort que prévu, le gouvernement devrait alors prendre de nouvelles mesures d’austérité. «Si la croissance n’était que de 1,3% en 2012, 4 à 5 milliards de nouvelles économies seraient nécessaires. Ce chiffre monterait à 10 milliards avec une croissance de 0,5%», prévoient les économistes de Crédit Agricole. La France a les moyens de faire de nouveaux coups de rabot. «Avec plus de 500 niches fiscales qui représentent une perte de recettes d’environ 75 milliards d’euros pour le plan fiscal et de 45 milliards d’euros sur le plan social, il est clair pour nous que la France a une marge de manœuvre pour atteindre ses objectifs budgétaires», explique François Cabau, économiste chez Barclays Capital. Il s’agit donc plutôt d’une question de volonté politique.
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