Les économistes anticipent une baisse du taux de dépôt de la BCE
Alors que les récents propos de Mario Draghi semblent avoir apaisé les marchés, les yeux seront de nouveau rivés sur la BCE ce jeudi, lors de sa réunion mensuelle. Selon Gilles Moëc chez Deutsche Bank, le FESF, ou son successeur le MES, et la BCE pourraient agir de concert, avec des rachats d’obligations sur le marché primaire et secondaire respectivement. Jean-Claude Juncker confirme dans un entretien au Figaro que la zone euro est prête à agir avec la BCE et qu’une décision sera prise «à l’examen des marchés d’ici à quelques jours».
Si l’octroi d’une licence bancaire au MES a été qualifiée par la Bundesbank de «voie fatale interdite par le traité de l’Union européenne», le Süddeutsche Zeitung indique que la BCE envisagerait d’acheter des obligations d’Etat espagnoles à des institutions financières et à d’autres investisseurs par l’intermédiaire du FESF.
Tout signe sur les intentions de la BCE en matière de politique de taux sera également scruté. Pour la communauté financière cela paraît déjà acquis. La BCE s’apprête à dégainer, probablement dès septembre, l’arme de la baisse de son taux de dépôt en le ramenant au-dessous de zéro afin de relancer le marché interbancaire. Début juillet, ce taux de la facilité de dépôt était passé de 0,25% à 0% pour un taux de refinancement abaissé de 1% à 0,75%. La décision de ne plus rémunérer les liquidités placées auprès de la BCE avait alors eu un impact immédiat, les banques réduisant de moitié le montant des réserves déposées.
Malgré tout, elles n’ont pas utilisé ces facilités pour se prêter davantage entre elles. Changer de braquet en instaurant un taux de dépôt négatif signifierait que les banques devraient s’acquitter d’une taxe sur les stocks de liquidités. L’objectif serait double: stimuler l’économie et réduire le coût de financement des pays jugés les plus fragiles. «Mais cette politique risque d’être inefficace en raison de la chute de la demande dans la zone euro», prévient Patrick Artus chez Natixis.
Cette décision pourrait se révéler «potentiellement problématique pour certains acteurs du marché monétaires», redoute aussi Frederik Ducrozet chez Crédit Agricole CIB. Certains redoutent une asphyxie de l’industrie des fonds monétaires, acteurs du financement de l’économie européenne. La potentielle baisse du taux de dépôt en dessous de zéro pourrait aussi conduire à «affaiblir davantage l’euro», estime Paul Mortimer-Lee chez BNP Paribas CIB.
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