«Les écarts entre les Etats-Unis et l’Europe ne plaident pas pour un euro trop fort»

Jean-Luc Proutat et Raymond Van Der Putten, économistes chez BNP Paribas
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Pourquoi voyez-vous l’euro se positionner face au dollar à 1,28 à six mois ?

- Jean-Luc Proutat : Ce cours est inférieur aux niveaux actuels, mais il est plus proche de la parité des pouvoirs d’achat et peut constituer une force de rappel. En effet, les écarts de conjoncture et de taux d’intérêt entre les Etats-Unis et l’Union économique et monétaire ne plaident pas pour un euro trop fort. Ils resteront marqués en 2014, notamment si les politiques monétaires commencent à diverger (freinage des injections de liquidités aux Etats-Unis, renforcement en zone euro). La hausse de l’euro s’est, par ailleurs, appuyée sur les progrès réalisés en terme de gouvernance depuis deux ans, qui ont notamment contribué à un retour des investissements nets de portefeuille. Mais on sait que ces derniers sont en dents de scie.

- L’impact de la politique de Shinzo Abe sur le dollar/yen devrait-il persister ?

- Raymond Van Der Putten : Oui. Comme la Banque du Japon maintiendra sa politique monétaire ultra accommodante, le yen restera faible. C’est d’ailleurs un élément essentiel de la stratégie de relance des autorités japonaises. L’offre mondiale de liquidités restant par ailleurs abondante, elle favorise certaines devises émergentes (dollar australien…). Cela pèse sur le yen en tant que monnaie de financement pour les opérations de «carry». La Fed pourrait entamer son «tapering» au plus tôt en mars. En élargissant l’écart des taux d’intérêt japonais et américains à long terme, cela devrait faire baisser davantage le yen en 2014.

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