Les dynamiques du crédit restent différentes aux Etats-Unis et en Europe
Si les «spreads» ont atteint des niveaux similaires de part et d’autre de l’Atlantique, les sources de performances sont plus nombreuses en Europe
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A. Wannesson-Raynaud, Schroders
Après un rally significatif en 2012 et 2013, les performances sur les marchés du crédit en 2014 seront sans doute principalement liées au portage. L’idée que les valorisations actuelles sont chères - les spreads de crédit sont serrés - est en effet largement partagée sur le marché. Pour autant, si les valorisations sont équivalentes de part et d’autre de l’Atlantique en regardant les seuls spreads de crédit il apparaît des différences notables dans les cycles américains et européens.
Malgré un premier trimestre décevant en termes de croissance aux Etats-Unis, la reprise semble bien enclenchée. Dans le même temps, le cycle du crédit des entreprises américaines est pourtant bien avancé et l’on commence à voir un mouvement de ré-endettement. Dans ce contexte, les rendements totaux de la classe d’actifs devraient principalement être le fait du portage, les spreads de crédit n’ayant plus guère de perspectives de resserrement, tandis que les taux gouvernementaux s’orienteront à la hausse selon la rhétorique de la Fed.
En Europe l’image est différente. De nombreuses entreprises n’ont pas encore finalisé l’assainissement de leurs bilans, tout comme les banques, et le marché européen offre ainsi des perspectives de resserrement des spreads encore bien réelles. En outre, la reprise économique est seulement naissante en Europe, tandis que ce sont pour l’instant les pressions déflationnistes, qui sont les plus pressantes. De quoi alimenter des anticipations de baisse de taux, ou du moins davantage d’activisme de la BCE. Au total, le crédit européen pourrait bien bénéficier de sources multiples de performance cette année: le portage bien sûr, mais aussi la baisse des taux et le resserrement des spreads.
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