Les dirigeants européens trouvent un accord sur la Grèce
Après près de vingt heures de négociations intenses entre les principaux dirigeants européens, un accord s’est dessiné sur le maintien de la Grèce dans la zone euro, ce lundi matin, au prix de conditions durcies sous la pression de l’Allemagne.
Les derniers points d’achoppement ont été aplanis entre un cercle restreint de négociateurs réunissant la Chancelière allemande, Angela Merkel, le président français François Hollande, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le Président du Conseil européen, Donald Tusk. Tôt ce matin, Athènes a tenté d'écarter les nouvelles conditions posées à un troisième plan d’aide qui porterait sur plus de 80 milliards d’euros. Point parmi les plus sensibles, les remboursements de la dette grecque (340 milliards d’euros) devraient être étalés dans le temps, dans le cadre d’un reprofilage proposé à Athènes qui avait pourtant fait d’une décote pure et simple l’une de ses priorités.
La Grèce devrait bénéficier d’une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) en contrepartie de la mise en oeuvre de réformes sérieuses, a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. «A l’unanimité, le sommet de la zone euro a trouvé un accord. Tout est prêt pour un programme du MES destiné à la Grèce avec des réformes sérieuses et un soutien financier», a déclaré Donald Tusk sur Twitter.
Sur le montant total de l’aide financière, 25 milliards d’euros seront mobilisés pour la recapitalisation des banques grecques, a déclaré le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Selon François Hollande, un programme de croissance devrait porter sur 35 milliards d’euros.
Le fonds au sein duquel seraient transférés les actifs grecs à privatiser ne serait pas établi et géré par un pays tiers mais par les Grecs, a déclaré lundi le premier ministre Manuel Valls, dévoilant un des derniers volets de l’accord trouvé à Bruxelles. La création de ce fonds destiné à accueillir quelques 50 milliards d’euros d’actifs faisait partie des propositions soumises par les ministres des Finances de la zone euro avant le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui a durée toute la nuit. Son établissement dans un pays tiers, vraisemblablement le Luxembourg, était l’un des derniers points de désaccord entre la Grèce et les autres pays de la zone euro.
A présent le Parlement grec et les autres Parlements nationaux devront donner leur accord sur l’ «aGreekment» politique qui vient d'être établi, avant l’ouverture de nouvelles négociations, a indiqué Donald Tusk. En France, l’Assemblée nationale votera mercredi sur la déclaration issu du sommet de la zone euro. Pour sa part Angela Merkel, qui avait évoqué dimanche une perte de confiance vis-à-vis du gouvernement grec après l'épisode du référendum du 5 juillet, a rectifié le tir, lundi, estimant pouvoir recommander aux élus allemands l’ouverture des discussions d’aide avec «entière confiance». Elle a également précisé que la Grèce demandera une nouvelle aide au Fonds monétaire international (FMI) lorsque le programme en cours aura expiré, en mars 2016.
LC
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles s'allient contre la fraude financière
Santander, BBVA et CaixaBank ont fondé ensemble FrauDfense, qui vient de lancer son premier service opérationnel et ouvre désormais ses portes à l'ensemble du secteur financier espagnol. -
Eiffel Investment Group vise 1 milliard d'euros pour son troisième millésime de dette privée à impact
Pionnier de la stratégie de dette privée à impact en Europe, Eiffel Investment Group a déjà réuni plus de 500 millions d'euros d'engagements pour son troisième millésime, qui cible un montant final près de 30 % supérieur au précédent véhicule. -
Norwegian élargit ses activités au secteur du tourisme
La compagnie à bas prix va s’emparer de Nordic Leisure Travel Group pour environ 728 millions d’euros, ce qui donnera naissance à un groupe intégré verticalement. -
SpaceX rachète Cursor pour 60 milliards de dollars
Le groupe d’Elon Musk a annoncé mardi le rachat du spécialiste de l’intelligence artificielle pour le codage informatique, quelques jours après sa propre introduction en Bourse. -
Les investisseurs allemands misent déjà sur l'après-guerre
Porté par l'espoir d'une fin prochaine du conflit en Iran et d'un reflux des prix de l'énergie, l'indice ZEW a fortement rebondi en juin, repassant en territoire positif. -
Le gouvernement annonce 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires dans l’IA
Dans le même temps que cette annonce, le renseignement intérieur français (DGSI) a décidé de rompre son contrat avec le controversé géant américain de l'analyse de données Palantir pour retenir la société tricolore ChapsVision.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
Contenu de nos partenaires
-
« L’État ne financera plus l’immobilisme » : le grand plan IA de Sébastien Lecornu pour les administrations françaises
Le Premier ministre souhaite généraliser l’usage de l’intelligence artificielle dans les services publics pour simplifier les démarches des Français et augmenter l'efficacité des agents. -
Juste une illusion
Avec ses assiettes trompe-l’œil, Dior Maison rend hommage à cette technique du XVIIIe siècle, chère à Jonathan Anderson, le directeur artistique de la Maison. -
#DigitalCitizenAnthropic dans les cordes, l’Europe au tapis
Potentiellement privée des meilleurs modèles d’Intelligence artificielle, l’Europe se retrouve face à une rupture de compétitivité supplémentaire, et majeure