Les devises émergentes de l’Est en manque de soutien
La plupart d’entre elles ont reculé depuis l'été de 10 à 20% face à l’euro et au dollar. Le hryvnia ukrainien est le plus sous pression
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Tân Le Quang
Les devises émergentes sont en cette fin d’année entraînées dans un cycle de dévaluation aux relents, pour certaines, de crise asiatique. Depuis août, le réal (Brésil), le peso (Mexique), la lire turque, le won (Corée du sud), la roupie (Indonésie) se sont dépréciés de 20 à 30% face au dollar et de 15 à 25% face à l’euro. La situation des monnaies des pays de l’Est est, elle, inquiétante. Le leu (Roumaine), le forint (Hongrie), la couronne tchèque, le rouble et le zloty (Pologne) ont reculé depuis l'été de 10 à 20 % face aux deux grandes devises. Le hryvnia (Ukraine) s’est effondré de 70% face au dollar et 60 % face à l’euro.
Alors que les banque centrales de Hongrie, de Pologne, de République tchèque ont baissé leurs taux pour amortir les chocs liés à la récession des pays industrialisés et la crise financière, la chute vertigineuse des monnaies montrent que les Etats qui, pour la plupart sont en déficit courant, préfèrent les délaisser plutôt que de puiser davantage dans les réserves de change du pays. En octobre, la Pologne, l’Ukraine, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie ont ponctionné en moyenne 11% de leurs réserves. Au 12 décembre, celles de la Russie s’élevaient à 435 milliards de dollars, soit une baisse mensuelle de 4,7%. Moscou a récemment relevé ses taux pour freiner la fuite des capitaux mais a aussi laissé le rouble se dévaluer trois fois contre le panier euro/dollar la semaine dernière.
Dans le cas ukrainien, la dépréciation est subie. Son plan de sauvetage de 16,4 milliards de dollars auprès du FMI oblige l’Ukraine à s’orienter vers un taux de change flottant et lui interdit de faire baisser ses réserves en deçà de 32 milliards à la fin 2008. «La devise ukrainienne qui a plongé de 50% face au dollar depuis juin pourrait s’affaiblir encore de 24% étant donné que le FMI a exigé de l’Ukraine qu’elle arrête de stopper la chute», estime Commerzank. D’ailleurs, la hausse totale de 5 points de pourcentage à 22% du taux de refinancement jeudi et vendredi en Ukraine, qui a permis ponctuellement au hryvnia de se reprendre vendredi, témoigne du manque de facteur de soutien. Le rouble biélorusse pourrait être dans la même situation. Selon le président de la Biélorussie, une dépréciation de 10% de la monnaie permettrait de sécuriser son plan de sauvetage de deux milliards de dollars auprès du FMI.
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