Les dettes les plus à risque retrouvent la faveur des investisseurs
Les émissions de dette PIK et «cov-lite» sont au plus haut depuis 2007, et les instruments de type «toggle» ont même battu leur record
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Alexandre Garabedian
Produits emblématiques de la bulle du crédit de 2006 et 2007, les prêts «covenant-lites» et autres obligations «PIK toggle» font un retour en force cette année. Selon un pointage réalisé par Dealogic au 28 octobre 2013, les émissions d’instruments payment-in-kind qui permettent à l’emprunteur de rembourser in fine ses intérêts avec de nouveaux titres plutôt qu’en cash atteignent 12,2 milliards de dollars, non loin du record établi en 2007 (14,7 milliards). Les prêts «cov-lite», dépourvus de clauses contractuelles classiques telles qu’une limite au ratio d’endettement, frôlent les 80 milliards de dollars, selon Dealogic, marquant une hausse de 32% sur un an.
L’excès de liquidité qui se déverse sur les marchés de crédit high yield explique le retour en grâce de ces produits rémunérateurs. Le cas des «PIK toggle» illustre cette effervescence: «sous-produit de marchés hyper liquides», selon la définition de S&P, ces instruments autorisent l’emprunteur à arrêter de rembourser sa dette en cash pour la transformer en «PIK», sans demander l’avis de ses créanciers. Leurs volumes atteignent 3,1 milliards d’euros pour 11 transactions cette année, alors que le cumul d’émission entre 2006 et 2012 s’élevait à 2,7 milliards, selon S&P LCD. Les investisseurs sont appâtés par la promesse de rendements élevés, entre 9% et 12%, mais l’équipementier allemand Schaeffler a réussi à émettre une toggle à 6,875% de coupon. A la différence des grandes heures de la bulle du crédit, la plupart de ces instruments ont tout de même été structurés pour assurer le paiement d’un coupon en cash si le niveau de trésorerie de l’emprunteur est suffisant.
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