Les critères d'éligibilité des titrisations au repo de la BCE se durcissent
Dans le cadre de ses opérations de refinancement, la BCE applique depuis hier ses nouveaux critères d’éligibilité des titrisations en tant que collatéraux. Un changement de règles qui n’est pas sans conséquence. Après avoir déjà relevé en janvier de 12% à 16% la décote appliquée aux tranches de titrisations éligibles au repo, la banque centrale exige désormais que les nouvelles transactions soient notées AAA par au moins deux agences au moment de leur émission. Et une titrisation perdrait son éligibilité en cas d’une dégradation sous la catégorie «A-» au cours de son cycle de vie. Les tranches émises entre mars 2009 et février 2010, elles, seront qualifiées au repo si elles bénéficient au moins d’une note «AAA» à l’émission et d’une note minimale de «A-» au cours de leur vie. Les transactions émises avant mars 2009, elles, doivent avoir deux notes d’au moins «A-».
«A la fin février, au total, plus de 500 tranches pour un volume de plus de 350 milliards d’euros auront des difficultés à être éligibles à la BCE selon les nouvelles règles», note UniCredit. Ainsi, si plus de 65% des titrisations éligibles continueront à servir de garanties en mars, 30% (311 milliards d’euros pour 430 tranches) n’ont qu’une seule note et en nécessitent une seconde pour prétendre au repo.
Les règles durcies affectent surtout les transactions retenues au bilan des originateurs, non placées sur le marché et déposées à la BCE. UniCredit ajoute que 280 tranches, qui ne sont plus qualifiées à la BCE, sont des tranches retenues issues essentiellement de titres adossés à des prêts immobiliers résidentiels (RMBS). Les titrisations espagnoles qui ne sont désormais plus éligibles s'élèvent à 90 milliards d’euros (252 tranches), contre 69 milliards pour les titrisations italiennes et 41 milliards pour les néerlandaises.
C’est pourquoi, pour beaucoup de banques en zone euro en besoin de liquidités et qui ont émis des titrisations uniquement pour des raisons de financement, le repo risque de perdre de son intérêt. Tandis que le relèvement de la décote vient réduire le montant de titrisations éligibles au repo et donc le montant de financement à recevoir de la BCE, les banques seraient aussi privées temporairement de financement en cas de restructuration et de re-notation des transactions. Celles-ci pourraient bien se passer du repo et opter pour d’autres sources de financement auxquelles elles auraient accès.
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