Les contours du middle-office dans la gestion restent flous
C’est le parent pauvre de la gestion. Le middle-office est aujourd’hui vu comme un centre de coûts chez les gestionnaires d’actifs, supporté majoritairement en interne. L’externalisation de la fonction n’est pas le modèle dominant. «Une situation qui pourrait évoluer, car les développements des sociétés de gestion, notamment en vue de conquérir de nouveaux marchés à l’international, ou de développer de nouveaux produits de retraite, pourraient les pousser à passer en revue et optimiser leur middle-office», anticipe Nabil Houbaine, associate partner chez Safir Consulting, un cabinet ayant mené une étude sur le sujet. Celle-ci porte sur un échantillon de 12 sociétés de gestion, représentant un peu plus de 600 milliards d’euros d’encours et trois prestataires de services d’investissement offrant le service de middle-office.
Aujourd’hui, sur le panel de sociétés interrogées, 17% ont externalisé quasi totalement ces fonctions, 33% les ont partiellement déléguées et 50% les ont intégralement conservées. Pour les gestionnaires, la concentration sur leur cœur de métier constitue la principale incitation à l’externalisation. Ensuite, le transfert d’une activité complexe peut être, pour eux, synonyme de réduction des risques opérationnels et réglementaires. A l’inverse, le principal frein à la délégation est celui du coût, notamment celui induit par les changements organisationnels qu’une externalisation entraîne. Par ailleurs, le consultant constate que les délégations, dans bien des cas, se révèlent sous-optimales : «Chez les gestionnaires qui avaient partiellement ou totalement externalisé le service de middle-office, la plupart conservent en interne les ressources pour plusieurs tâches déterminantes en double».
Autre constat, la manière dont sont perçus ces services restent relativement disparates selon les gestionnaires interrogés. Si la grande majorité (92%) estime que le vote aux assemblées, ou le reporting réglementaire relèvent bien du middle-office, c’est moins le cas pour le reporting client (83%) ou les activités OTC (67%). Cela est dû au fait que, non seulement les sociétés de gestion n’ont pas toujours une vision claire de ce qui ressort ou non du middle-office, mais aussi à la disparité des produits qu’elles traitent. De leur côté, les prestataires de services d’investissement estiment qu’ils remplissent la plupart des fonctions dédiées au middle-office. Cependant, «il n’existe pas réellement de proposition ‘catalogue’ et intégrée pour ce service», constate Nabil Houbaine. La demande progressant, il faut s’attendre à ce que les prestataires structurent davantage leurs offres.
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