Les conditions de crédit pèsent sur l’immobilier britannique
L’horizon ne s’éclaircit guère pour le marché immobilier britannique. La production de crédit hypothécaire a reculé entre février et mars, passant de 9,2 à 9 milliards de livres, tandis que l’encours s’est accru de 600 millions, selon les statistiques de la Banque d’Angleterre. Un gros 40% de l’activité (3,7 milliards) est en outre imputable à des renégociations de prêts à taux variable transformés en prêts à taux fixe de la part d’emprunteurs qui craignent un resserrement monétaire outre-Manche.
Ce sont d’ailleurs les refinancements qui devraient soutenir l’activité des banques pour le trimestre à venir. «La demande de crédit des ménages pour l’achat d’un logement a diminué, en ligne avec les prévisions au premier trimestre, indique en effet la BoE dans son enquête trimestrielle sur les conditions de crédit. Les prêteurs s’attendent à ce qu’elle continue à baisser les trois prochains mois ». La Banque d’Angleterre mène son enquête auprès de Banco Santander, Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group, Nationwide et RBS, qui représentaient à fin 2010 les trois quarts de l’encours de prêts immobiliers en Grande-Bretagne, 65% des concours aux entreprises et 45% des crédits à la consommation.
Dans un pays où le gouvernement commence à mettre en œuvre le budget le plus restrictif depuis 1945 et où une hausse de taux de la Banque d’Angleterre est anticipée au deuxième semestre, le marché immobilier peut donc se préparer à connaître un nouveau coup d’arrêt. Halifax, la division de Lloyds, a fait part au début du mois d’un recul des prix de 0,1% en mars, en soulignant que les incertitudes économiques «devraient contraindre la demande de logement, avec comme résultat une modeste pression à la baisse sur les prix».
La faiblesse de la demande des particuliers n’est pas le seul enseignement de l’enquête trimestrielle de la BoE. Celle-ci montre aussi que les encours de crédits aux entreprises continuent à se contracter, une tendance observée depuis le troisième trimestre 2009. La situation est particulièrement tendue pour les PME, même si les banques s’attendent à une amélioration de la demande au deuxième trimestre. On comprend mieux que le gouvernement et les parlementaires exhortent régulièrement les banques aidées par l’Etat à tenir leurs engagements en matière de financements à l'économie.
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