Les chiffres de l’emploi compliquent l’attentisme de la Fed
Les statistiques de juin, décevantes, ne seraient cependant pas assez mauvaises pour justifier dès maintenant un QE3
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Alexandre Garabedian
Quand la Fed se résoudra-t-elle à un troisième programme d’assouplissement quantitatif (QE3) ? La question se pose après la publication vendredi des statistiques décevantes sur l’emploi aux Etats-Unis. L’économie américaine n’a créé que 80.000 emplois en juin, contre 100.000 attendus par les économistes. Au deuxième trimestre, les créations moyennes chaque mois (75.000) ont été trois fois inférieures à celles du premier trimestre, et ont atteint leur rythme le plus faible depuis juillet 2011. Dans le même temps, le taux de chômage ne parvient pas à passer sous la barre des 8,2%.
La faiblesse chronique du marché du travail aux Etats-Unis «correspond aux prévisions de la Fed d’un ralentissement de l’activité qui pourrait ouvrir la porte à un nouvel assouplissement monétaire», estime Inna Mufteeva, économiste de Natixis. Pour Credit Suisse, les chances d’un QE3 avant les élections présidentielles de novembre augmentent, avec une annonce possible à Jackson Hole fin août. Lors de sa réunion du 20 juin, la Réserve fédérale s’est contentée de prolonger, à hauteur de 267 milliards de dollars, son programme Twist, qui consiste à allonger la duration de son bilan mais sans accroître la taille de ce dernier.
D’autres économistes jugent cependant prématuré un nouveau round de rachats d’actifs. «Le rapport est décevant, mais pas cataclysmique, indique Rob Carnell, chez ING. Il y aura dans la foulée des rumeurs de QE3, ce qui soutiendra le marché obligataire et affaiblira le dollar, mais les chiffres ne sont pas assez mauvais pour que la Fed recommence dès maintenant à faire tourner la planche à billets». Le vent pourrait vite tourner si des statistiques aussi mauvaises que l’ISM manufacturier de juin sont publiées cet été.
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