Les caisses bretonnes du Crédit Agricole inventent l’union sans fusion
Défavorables à un mariage, les quatre caisses vont mutualiser leurs back-offices et rapprocher leur politique de distribution
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Annelot Huijgen
L’heure est aux regroupements. Les quatre caisses bretonnes de Crédit Agricole (Côtes-d’Armor, du Finistère, d’Ille-et-Vilaine et Morbihan) ont décidé de formaliser leur coopération de longue date non pas en fusionnant, mais en signant " un pacte des coopérations ", une « première en France » au sein de la banque. «Avec la caisse de Toulouse, nous resterons la dernière région métropolitaine où les caisses régionales n’ont pas fusionné », souligne Jack Bouin, directeur général du Crédit Agricole du Finistère et secrétaire général de la fédération bretonne du Crédit Agricole. Les expériences des quatre directeurs généraux des caisses concernées, qui ont chacun vécu une fusion, n’est sans doute pas sans importance dans la réflexion sur cet autre modèle de gouvernance, initiée en juillet 2006.
« Contrairement à une fusion, nous travaillons par étapes. Tous les groupes de travail ont engagé leurs réflexions. Certains rendront leurs conclusions déjà avant l’été et d’autres devraient le faire avant la fin de l’année », explique le dirigeant. Trois grands axes ont été définis par les caisses, l’objectif central étant d’améliorer l’expertise tout en baissant le prix de production. Ainsi, des pôles d’expertise régionaux, pour les entreprises ou la banque privée par exemple, au service des quatre caisses devront être créés. Une harmonisation des back-offices est également prévue et un modèle unique doit être choisi, respectant trois critères : la satisfaction du client, la productivité et la conformité. De plus, les caisses souhaitent gagner en efficacité en coopérant sur des sujets transversaux comme la distribution multicanal et la mise en marché de nouveaux produits. En matière de facturation, les caisses prévoient d’aller « vers une plus grande harmonisation ».
Si les quatre caisses ont déjà des filiales communes, notamment dans le capital-développement, la transaction ainsi que la gestion immobilière, et partagent désormais la même informatique (le système Atlantica), elles ont décidé de « garder leur autonomie pour garantir leur proximité, tout en augmentant leur puissance d’action pour renforcer cette autonomie », ajoute Jack Bouin. Une volonté commune et une identité régionale forte qui ont amené les caisses, représentant 1,5 million de clients, 426 agences et 5.171 salariés, à adopter parallèlement une signature commune, « l’énergie de la Bretagne ».
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