Les Brics réfléchissent à la création d’une banque de développement
Alors que la présidence de la Banque mondiale devrait une nouvelle fois revenir à un Américain, les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se réunissent demain à New Delhi (Inde). Ils lanceront à cette occasion un projet de nouvelle banque de développement. Cette initiative peut être vue comme une alternative aux institutions existantes telles que le FMI et la Banque mondiale, dans lesquelles le poids des Brics est encore sous-estimé.
L'établissement qui est envisagé «ne devrait pas répliquer la Banque mondiale ou les banques régionales de développement existantes, tempèrent toutefois les responsables russes qui ont travaillé sur ce dossier en amont du quatrième forum des Brics. Il devrait soutenir les projets qui ne peuvent pas être financés par les banques commerciales, les institutions gouvernementales ou internationales.» Cet établissement entraînerait une hausse des investissements directs à l'étranger entre les Brics et renforcerait la coopération, ajoutent les spécialistes russes.
Le projet s’annonce toutefois délicat à mettre en œuvre. La répartition des pouvoirs notamment pourrait poser problème. Les importantes réserves de change de la Chine pourraient justifier que Pékin demande la direction permanente de la banque des Brics, mais les autres pays risquent de s’y opposer.
Plus largement, les fortes disparités entre les Brics compliquent la définition d’objectifs communs entre ces puissances économiques. Les revenus annuels par tête vont de 2.000 dollars en Inde à 15.000 dollars au Brésil et en Russie, rappelle Jim O’Neill, l'économiste chez Goldman Sachs à l’origine de l’acronyme Bric il y a dix ans. Ils n’ont pas les mêmes objectifs idéologiques, ajoute-t-il.
Les marchés boursiers des Brics s’apprêtent quant à eux à passer à l’action. A partir du 30 mars, ils coteront les dérivés sur les indices actions de référence des autres Brics. L’objectif est de renforcer l’internationalisation des places financières et d’améliorer la liquidité. L’idée de ces multicotations est née à l’automne dernier, lorsque les cinq opérateurs boursiers se sont réunis en Afrique du Sud pour former une alliance. A cette occasion, ils ont défini deux phases supplémentaires qui aboutiront notamment au lancement de nouveaux produits.
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