Les BRICS cherchent à institutionnaliser leur poids dans l'économie mondiale
La montagne pourrait accoucher d’une souris. A l’occasion de la cinquième édition du sommet annuel qui rassemble aujourd’hui et demain les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à Durban en Afrique du Sud, l’idée de créer une banque de développement commune aux cinq pays, dotée d’un capital initial de 50 milliards de dollars, devrait revenir sur la table.
Une idée séduisante sur le papier car elle permettrait de mettre les ressources de ses membres en commun pour financer des projets d’infrastructures localement ou à l'étranger, sans avoir à solliciter la Banque Mondiale ou le FMI. «La création d’une banque commune symboliserait une unité politique du groupe qui pourrait se traduire par la multiplication de projets dans le futur» indique Jim O’Neill, le président de Goldman Sachs AM qui a inventé en 2001 le terme de «BRIC». Cependant, un compromis entre les cinq pays sur la répartition des contributions de chacun des membres ou sur la distribution des votes au sein de l’institution reste encore incertain.
Quant à la mise en commun d’une partie de leurs réserves de change, qui se montent à 4.400 milliards de dollars, destinés à servir de matelas de sécurité en cas de crise sans avoir à réclamer l’aide du FMI, elle paraît difficilement applicable à court terme.
Signe du manque d’unité entre BRICS, qui rassemblent pourtant 43% de la population et produisent le quart du PIB mondial : les liens financiers entre eux restent faibles et largement dominés par des accords commerciaux bilatéraux. «Pour le moment, ces pays ne sont pas des investisseurs majeurs dans les économies des autres BRICS» estime James Zhan, directeur à la CNUCED. La part des investissements étrangers totaux réalisés par les cinq pays dans l’un des autres BRICS n’a progressé que de 0,1% en 2003 à 2,5% en 2011.
Pourtant, le poids des BRICS dans l’économie mondiale se renforce. Ils ont ainsi attiré l’an dernier 20% des investissements étrangers mondiaux (soit 263 milliards de dollars), contre 6% il y a 10 ans, selon les chiffres de la CNUCED publiés hier. 46% de ces flux ont été dirigés vers la Chine, 25% vers le Brésil, 17% vers la Russie et 10% vers l’Inde. Parallèlement, les BRICS ont investi 126 milliards de dollars à l'étranger en 2012, soit 9% du total mondial, contre 1% en 2000. Pourtant, la Russie et la Chine, qui pèsent à hauteur de 94% dans les investissements des BRICS à l’étranger, privilégient pour l’heure les acquisitions en Europe et en Asie, plutôt que dans les BRICS.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques -
Clésame se positionne sur le marché stratégique du transfert intergénérationnel
Alors que plusieurs milliers de milliards d’euros doivent changer de mains dans les prochaines décennies, la legaltech française Clésame développe une solution numérique visant à structurer la transmission de son vivant et à fluidifier son règlement pour les professionnels du patrimoine. -
« Si les marges de crédit paraissent peu attrayantes, le taux de rendement global l’est »
Olivier Robert, responsable de l'équipe Fixed Income chez CPR AM -
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran