Les banques répondent présent à la syndication de Lafarge
Le placement de 7,2 milliards d’euros de crédits syndiqués a été sursouscrit. Les résultats définitifs seront connus en fin de semaine
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Alexandre Garabedian
En ces temps de stress pour les bilans bancaires, les résultats de la syndication Lafarge devraient être riches d’enseignements. Le groupe cimentier français, qui publie ses comptes annuels le 14 février, a mandaté le 10 janvier BNP Paribas, Calyon et Morgan Stanley pour syndiquer les 7,2 milliards d’euros de prêts servant à financer l’acquisition de la société égyptienne Orsacom Cement. La signature définitive de la transaction doit intervenir cette semaine, mais selon plusieurs sources bancaires, l’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions, et le montant des crédits a été sursouscrit.
Des intervenants de marché s’interrogeaient surtout sur la présence ou l’absence des établissements de crédit secoués par la crise. «Les banques que l’on s’attendait à voir sont là. Les françaises ont répondu présent, les américaines aussi», indique un banquier. Selon les mêmes sources, une bonne dizaine d’établissements auraient souscrit au ticket le plus élevé (500 millions d’euros) de mandated lead arranger. On retrouve dans le syndicat des établissements ayant des relations régulières avec le cimentier, des habitués de ce type de transactions (comme Barclays Capital), mais aussi, pour des tickets plus petits, des banques plus régionales liées à Orascom.
« Vu la taille importante de l’opération, Lafarge a proposé le juste prix, en tenant compte des évolutions du marché de crédit », estime un professionnel qui ne fait pas partie du trio des arrangeurs. Le financement inclut une ligne de 1,8 milliard d’euros sur une durée d’un an reconductible offrant une marge de 55 points de base (pb) et une autre de 2,3 milliards sur deux ans, avec possibilité d’extension sur un an, offrant une marge de 62,5 pb. S’y ajoutent trois lignes de maturité cinq ans pour des montants de 1,9 milliard, 700 millions et 500 millions d’euros présentant toutes des marges de 72,5 pb. L’écart reste toutefois important avec les CDS du groupe (credit default swaps), qui se traitaient aux alentours de 120 pb à 5 ans lorsque les membres du syndicat ont donné leur engagement.
La syndication Lafarge, dont les résultats définitifs seront publiés le 15 février, intervient après celle d’un crédit de 3,5 milliards d’euros pour Vivendi en janvier. Le groupe de médias avait privilégié cette voie de manière opportuniste, en raison du coût plus élevé d’une émission obligataire.
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