Les banques mutualistes tissent leur toile dans l’activité de détail en France
Le CIC, filiale du Crédit Mutuel, est donné favori dans la reprise des réseaux régionaux de HSBC au sein de l’Hexagone
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Virginie Deneuville
Les groupes mutualistes ne cessent de renforcer leur emprise sur la banque de détail en France. Fin 2002, le Crédit Agricole mettait la main sur LCL (l’ex-Crédit Lyonnais). Puis, l’année suivante, c’est la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne qui faisait l’acquisition de 62,7 % du capital de la Banque Palatine, cette part ayant été portée à 100 % en fin d’année passée. Le dernier exemple en date pourrait être celui du CIC - déjà racheté en 1998 par le Crédit Mutuel. Le CIC serait entré en négociations exclusives avec HSBC pour reprendre son réseau régional français, croit savoir La Tribune.
«La prédominance sur le marché de la banque de détail des groupes mutualistes s’explique par des facteurs historiques. Ils disposent d’un maillage de proximité, plus dense que celui des autres banques, plutôt tournées vers le financement des entreprises», explique un professionnel. Les banques mutualistes, au nombre de quatre en France (Groupe Crédit Agricole, Groupe Caisse d’Epargne, Crédit Mutuel et Groupe Banques Populaires), collectaient en 2004 51 % du total national des dépôts bancaires et 61 % des prêts hypothécaires, selon des chiffres de la Banque de France. « Ce qui confirme la profondeur d’enracinement de ces établissements sur le terrain par rapport à leurs concurrents non mutualistes », souligne la recherche économique de Natixis.
La reprise du réseau régional de HSBC se révélerait, dans ce cadre, intéressante pour le CIC. «Par cette acquisition, le CIC, qui est une galaxie de banques régionales, se tisserait des relations locales pour compléter sa franchise», estime un analyste. Alors que plusieurs candidats - BNP Paribas, les Banques Populaires et le Crédit du Nord - étaient sur les rangs, le CIC aurait présenté l’offre la plus attrayante, valorisant l’ensemble des 403 agences entre 1,8 et 2 milliards d’euros.
Si on se refuse à tout commentaire tant du côté de HSBC que du CIC, Michel Lucas, président du directoire de la filiale du Crédit Mutuel, a confirmé la semaine passée la signature d’une lettre de confidentialité sur ce projet. Une annonce pourrait être réalisée lundi prochain lors de la publication des comptes annuels de la banque britannique. Chez HSBC, on se contente d’indiquer qu’une mise à jour stratégique de HSBC France sera réalisée à cette occasion.
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