Les banques internationales souhaitent s’inviter au capital des «bad banks» chinoises
Goldman Sachs, Deutsche Bank et Morgan Stanley prévoieraient d’investir 1,5 milliard de dollars dans le cadre de l’IPO prévue par Huarong
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Patrick Aussannaire
Pékin compte sur les établissements étrangers pour se débarrasser des créances douteuses accumulées par les banques. Goldman Sachs, Deutsche Bank et Morgan Stanley souhaiteraient ainsi prendre une participation de 1,5 milliard de dollars dans la bad bank chinoise Huarong Asset Management, dans le cadre de son projet d’IPO à Hong Kong l’année prochaine, selon le Financial Times. Si l’opération, qui permettrait à Huarong de lever 2 milliards de dollars en cédant 15% à 20% de son capital, ne devrait être bouclée qu’en décembre, Goldman Sachs prendrait la part la plus importante parmi les trois banques internationales qui ont déjà chacune constitué des coentreprises avec Huarong dans le passé. La plus importante des quatre entités formées en 1998 par Pékin pour y loger 1.400 milliards de yuans de prêts non performants (NPL) provenant des banques du pays, a racheté les créances douteuses d’ICBC.
Sa principale concurrente, Cinda Asset Management, qui a elle racheté les NPL de China Construction Bank, prévoit également de lever entre 2 et 3 milliards de dollars dans le cadre son IPO à Hong Kong, et teste préalablement l’appétit des banques internationales. En mars 2012, Cinda, valorisée environ 15 milliards de dollars, avait déjà laissé Citic Capital, le fonds public de retraite chinois, Standard Chartered et UBS entrer à son capital à hauteur de 16,54% pour un montant total de 10,34 milliards de yuans.
Après des années de pertes, les quatre bad banks chinoises ont profité du programme de relance mis en place en 2008 par Pékin pour convertir une part significative de leur détention de dette en actions. Cinda a ainsi pu dégager un résultat de 4,6 milliards au premier semestre 2012. Selon un banquier cité par le Financial Times, les fonds levés par Cinda lui permettraient de racheter entre 12 et 16 milliards de yuans de créances douteuses, et ainsi soulager le passif du secteur bancaire chinois. Le stock de NPL aurait encore grimpé de 13 milliards de yuans au second semestre 2012 pour atteindre 540 milliards.
Cependant, le South Morning Post indique que les autorités chinoises seraient encore hésitantes à laisser rentrer une nouvelle fois les banques internationales au capital des établissements locaux. Les 8 milliards de dollars de profits réalisés par Goldman Sachs ICBC, participation soldée en mai dernier, auraient incité les autorités à penser que les banques chinoises cédaient leur capital à des conditions trop avantageuses.
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