Les banques critiquent les propositions de réformes du rapport Liikanen
Les banques et spécialistes des marchés sont nombreux à s’opposer à la réforme du secteur bancaire proposée par le rapport d’Erkki Liikanen publié en octobre. Ils estiment que circonscrire les activités de trading au sein d’un groupe bancaire pourrait nuire au financement de l’économie et s’opposent aux propositions sur les instruments de résolution des crises bancaires.
Dans sa réponse à la consultation lancée sur le rapport, la Fédération bancaire européenne (FBE) redoute que les potentielles «entités de trading», qui regrouperaient les activités risquées, soient mal notées par les agences de notation au point que «certaines activités de marché ne seraient pas viables en Europe et les clients ne pourraient pas obtenir les services dont ils ont besoin à un prix raisonnable». Au-delà, ce sont les groupes bancaires, chapeautant entité de trading et banque de détail qui verraient leurs coûts de financement augmenter, au détriment de leur capacité de prêt.
La FBE conteste aussi les critères de séparation entre activités financières risquées et les activités de banque de détail. Selon le lobby, les activités de tenue de marché (market-making) ne devraient pas être logées dans une entité séparée car elles ne sont pas spéculatives. Le risque serait celui d’une baisse de la liquidité pour les titres d’Etat et d’entreprises. L’ICMA, organisation qui promeut les marchés de capitaux, s’inquiète aussi que les activités de placement de titres (underwriting) soient distinguées des activités de market-making. Cette séparation entre activités de marché primaire et secondaire «devrait se traduire par une moindre liquidité et des coûts de transaction plus élevés», au détriment des émetteurs.
Le rapport Liikanen suggère par ailleurs de développer les instruments de bail-in, soit la dette qui peut ne pas être remboursée ou convertie en actions pour assurer la recapitalisation de l’émetteur. Selon le rapport, ces caractéristiques devraient s’appliquer à une catégorie spécifique d’instruments, lesquels ne pourraient pas être détenus par des banques pour limiter les connexions entre établissements.
Tout comme l’Association for Financial Markets in Europe (AFME), qui représente les banques d’investissement, l’ICMA, estime que ces changements brouilleraient la hiérarchie des créanciers. Et si les banques ne pouvaient pas investir dans ces titres, ils seraient très chers et difficiles à placer.
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