Les banques centrales poursuivent la vague d’assouplissement monétaire

Après la Chine et la Turquie la semaine dernière, ce sont l’Inde et la Pologne qui ont décidé hier de baisser à nouveau leurs taux directeurs.
Patrick Aussannaire

L’effet de la baisse des prix du pétrole sur l’inflation a entrainé une vague d’assouplissement ces dernières semaines à travers le monde. Citigroup estime que 18 des 33 banques centrales couvertes par son analyse globale ont baissé leurs taux au cours des trois derniers mois, soit une proportion de 55%. «Même s’il reste encore loin des 100% enregistrés en 2009, ce pourcentage est au plus haut depuis cinq ans et est désormais proche des niveaux qui prévalaient au cours des derniers cycles ‘normaux’ d’assouplissement en 1996, 1998, 2001 et 2003», précise Citigroup.

Après la baisse de taux surprise de 25 pb de la PBOC chinoise samedi, c’est la RBI indienne qui a réduit hier pour la deuxième fois lors d’une réunion non prévue son taux «repo» de 25 pb, à 7,50%, du fait du reflux plus rapide que prévu de l’inflation. En Corée du Sud, les marchés anticipent une nouvelle baisse de taux de 25 pb à horizon trois mois du fait de la chute de l’inflation à 0,5%, tandis que la RBA australienne a ouvert la porte mardi à d’autres baisses de taux pour soutenir la croissance. Mi-février, l’Indonésie a inversé son cycle en baissant son taux de dépôt.

En Europe, la banque centrale polonaise est allée au-delà des attentes hier en baissant ses taux de 50 pb à 1,50%, en réaction au lancement du QE de la BCE ainsi qu’aux mesures prises dans la foulée par les pays nordiques et par la BNS suisse. La Turquie avait également baissé ses taux de 25 pb la semaine dernière. BNP Paribas anticipe de nouvelles baisses de taux au Danemark, en Suède, Norvège, Hongrie, Pologne, Russie, Turquie et Suisse, alors que la BoE et la Fed devraient décaler le lancement du processus de normalisation et/ou ralentir leur rythme de resserrement.

«Ce mouvement est déjà largement anticipé par les marchés en particulier dans les pays où les taux courts sont encore très élevés (Russie, Inde, Indonésie, Turquie, Colombie), du fait de la décélération de l’inflation, et dans les pays où l’inflation est négative (Hongrie, Pologne, Roumanie) malgré des taux courts déjà très bas», précise Natixis. L’Afrique du Sud pourrait profiter du reflux de l’inflation pour stopper le cycle de resserrement amorcé en 2014 selon Natixis.

En revanche, le Brésil a relevé une nouvelle fois le taux Selic de 50 pb hier à 12,75%, et pourrait même le porter à 13,75% fin 2015. Les marchés anticipent également que le Mexique emboîte le pas de la Fed en relevant ses taux de 50 pb dans les six prochains mois.

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