Les autorités japonaises font remonter les anticipations d’inflation
Le Japon a décidé de sortir l’artillerie lourde, avec l’annonce par le nouveau gouverneur de la BoJ d’une politique d’assouplissement quantitatif de grande ampleur visant à atteindre 2% d’inflation dans les deux ans. Le défi n’est pas mince pour une économie qui a connu une baisse de son PIB nominal depuis 1997: en effet, si le PIB réel a progressé de 9% sur 15 ans, le PIB nominal a décru de 10% compte tenu d’une déflation cumulée de 18% ! La persistance de cette déflation est liée à la faiblesse de la demande interne, qui a maintenu l’économie japonaise en deçà de son potentiel, tout en alimentant le chômage.
Le graphique ci-joint montre que le volontarisme des autorités commence à porter ses fruits. Les attentes d’inflation ont nettement progressé fin 2012 et se rapprochent de 1,5%. Par ailleurs, le yen s’est fortement déprécié: la parité dollar/yen est passée de moins de 80 yens fin octobre à près de 99 yens aujourd’hui.
Il reste que l’objectif sera difficile à atteindre au cours des deux prochaines années. On estime qu’une dépréciation du yen de 10% doperait la croissance de seulement 0,25% par an sur les deux prochaines années. La baisse du yen déjà acquise ne devrait permettre que d’enrayer la déflation, mais ne suffira pas à engendrer une évolution des prix positive. Il faudrait pour cela que la devise se déprécie davantage, et que cette dépréciation s’accompagne d’une résurgence de tensions sur les facteurs de production, capital et travail. La sous-utilisation des capacités de production et la persistance d’un réservoir de main d’œuvre abondant empêchent l’apparition d’une inflation durable au Japon. Un mouvement que certains n’hésitent pas à anticiper, comme en témoigne la progression des indices boursiers japonais en hausse de près de 28% en 2013.
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