Les autorités brésiliennes tentent vainement d’enrayer l’envolée du réal
Alors que certains pays émergents (comme la Corée du Sud), se sont résignés à laisser leur monnaie s’apprécier pour contrer les pressions inflationnistes, le Brésil, lui, poursuit la lutte. Le réal a atteint ce mois-ci un plus haut de 12 ans, et la banque centrale a annoncé ce week-end une hausse des exigences des réserves concernant les positions de change prises par les banques du pays. Ces dernières devront à présent détenir 60% de toute position de vente sur le dollar dépassant le milliard de dollars, contre un seuil de 3 milliards précédemment. Les opérateurs auront en outre jusqu’à la fin de la semaine pour se mettre en conformité avec cette nouvelle règle, alors qu’ils disposaient dans l’ancienne réglementation datant de janvier dernier d’un délai de 90 jours.
Le président de la banque centrale, Alexandre Tombini, estime que ces mesures permettront de «rendre les marchés plus sûrs». La devise brésilienne s’est instantanément repliée lundi après cette annonce à 1,5801 réal pour un dollar, contre 1,5615 à la clôture de la séance de vendredi. Fin juin, les banques brésiliennes détenaient 14,7 milliards de dollars en position nette à la vente sur les marchés futures. La banque centrale espère que ces mesures permettront de les ramener à 5 milliards.
Mais Barclays estime que cette baisse devrait être temporaire: «nous anticipons une hausse de la volatilité le temps que les marchés s’adaptent à ces nouvelles mesures, mais aucun retournement de tendance à l’appréciation du réal». Suite aux mesures prises par les autorités pour endiguer la hausse du réal, qui a gagné près de 20% contre le billet vert depuis deux ans, Moody’s avait rétorqué que «le Brésil ne semble pas comprendre que les flux de capitaux continuent à arriver dans le pays, pas seulement à cause de ses perspectives économiques mais également parce qu’il offre un des meilleurs rendements au monde».
La hausse de l’inflation, qui a atteint 6,6% en mai, a contraint la banque centrale à relever ses taux directeurs à 12,5%, soit l’un des niveaux les plus élevés des grands pays du globe. Et les prévisions d’inflation dévoilées lundi par la banque centrale ne risquent pas d’inverser la tendance. Les trente économistes interrogés ont relevé leurs estimations d’inflation de 16 bp à 6,15% sur l’année 2011 et de 10 bp à 5,2% en 2012. Ils anticipent un taux directeur à 12,75% d’ici à la fin de l’année.
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