Les autorités américaines enquêtent sur le marché des titres d’Etat
L’administration américaine a commencé à enquêter sur le marché américain des titres d’Etat. L’enquête en serait à ses débuts et les enquêteurs tenteraient de déterminer si des informations ont été partagées de façon inappropriée par les institutions financières, selon Bloomberg, qui cite trois sources anonymes. L’information a été révélée par le New York Post au début de la semaine.
Reste à savoir si les enquêteurs tentent juste de déceler d’éventuelles pratiques inappropriées ou si les investigations font suite à des accusations précises contre des grandes banques. Selon le New York Post, aucune banque ne se trouve particulièrement dans le viseur des autorités et il est possible que les demandes d’informations qui ont été envoyées aux spécialistes en valeurs du Trésor ne débouchent pas sur des accusations. Les autorités américaines n’ont pas souhaité commenter ces informations.
La révélation de l’existence d’une enquête sur le marché des titres d’Etat américains, qui pèse quelque 12.700 milliards de dollars, intervient alors que les autorités américaines continuent à enquêter sur des possibles manipulations sur le marché de l’or, de l’argent et du pétrole. Les banques ont déjà dû se résigner à payer de multiples amendes dans des affaires de manipulation des marchés des changes et de taux.
En mai, le Department of Justice a révélé que Citi, JP Morgan, Barclays et RBS avaient accepté de plaider coupable dans une affaire de manipulation des taux de change et accepté de payer en conséquence des amendes dont le montant total excède 2,5 milliards de dollars. UBS a de son côté reconnu les charges qui pesaient contre elles dans un dossier de manipulation du Libor et d’autres indices de taux. La banque s’est résignée à payer 203 millions de dollars en mai. Selon les autorités américaines, le scandale de manipulation du marché du Forex aura coûté près de 9 milliards de dollars à ces cinq banques si l’on tient compte des amendes qui ont été imposées par l’ensemble des autorités américaines et étrangères. En avril, les autorités britanniques et américaines ont contraint Deutsche Bank à payer 2,5 milliards de dollars pour mettre fin à des accusations de manipulation du Libor.
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Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse