Les agences de notation mettent la dette bancaire subordonnée sous pression

S&P a prévenu que sa nouvelle méthode se traduira par des dégradations de notations d’un voire deux crans pour 80% des titres concernés
Patrick Aussannaire

Les titres subordonnés bancaires sont exposés à de mauvaises surprises. Après une phase de consultation auprès des acteurs de marché, S&P a publié la semaine dernière sa nouvelle méthode destinée à tenir compte des risques croissants de restructuration des dettes subordonnées engendrés par un environnement réglementaire et législatif jugé plus contraignant. Les émetteurs de dettes subordonnées les plus exposés sont ceux soumis au régime Bâle 3.

L’agence met ainsi en place une approche corrélée avec la note intrinsèque de l’émetteur en appliquant ensuite de multiples crans de déductions suivant les clauses spécifiques des obligations.

Des nouveaux critères qui entraîneront «un abaissement d’une majorité des notations d’instruments hybrides classifiés par les autorités de régulation comme appartenant aux ratios tier 1 de capitaux propres», alerte S&P. La dégradation se limitera à un cran dans 65% des cas, et à deux crans pour environ 15% des titres concernés, alors que seulement 20% verront leur notation maintenue à son niveau actuel. Tullett Prebon estime même que cela pourrait «provoquer un basculement de certaines souches en catégorie high yield».

Ainsi, sous le nouveau régime, Barclays, qui bénéficie d’une note intrinsèque de BBB+, pourrait voir sa note LT2 reculer de BBB actuellement à BBB-, voire à BB+. En outre, «il n’est pas certain que les titres tier 1 français maintiennent leurs notations investment grade», ajoute Tullett Prebon. La Société Générale et le Crédit Agricole bénéficient ainsi actuellement d’une notre intrinsèque de A-, soit un cran seulement au-dessus de celle de Barclays.

Moody’s prévoit également d’ajuster sa méthode début 2015 en évaluant le degré de protection des créanciers par un coussin de dettes subordonnées dans une logique de prise en compte de risques systémiques. L’impact de la directive de résolution bancaire BRRD mise en place début 2016, ainsi que l’évolution du marché de l’immobilier pour l’appréciation de la note intrinsèque, seront également intégrés.

L’agence précise néanmoins que les notes des titres LT2 devraient rester un cran en dessous de la note intrinsèque. En cas de présence d’un coussin suffisamment important de titres Tier 1, elles pourraient même être rehaussées. A ce stade, «l’impact de cette méthodologie sur les notations reste incertain», selon Tullett Prebon.

{"title":"","image":"81462»,"legend":"Emissions sur les cr\u00e9dits»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...