Les actionnaires et créanciers de LSK comptent leurs pertes
C’est l’heure des comptes pour les partenaires financiers de Leyne, Strauss-Kahn & Partners. La société d’investissement luxembour-geoise, dont le fondateur Thierry Leyne s’est suicidé le 23 octobre à Tel Aviv, s’est déclarée hier en cessation de paiement. Une issue guère surprenante, l’une des filiales du groupe, Assya AM, ayant demandé le 27 octobre la protection de la justice du Luxembourg.
«Les membres du conseil d’administration de la société LSK ont découvert des engagements supplémentaires au sein du groupe dont ils n’avaient pas connaissance et qui aggravent sa situation financière délicate», a reconnu hier un communiqué. Dominique Strauss-Kahn, qui a rendu son tablier de président de la société le 20 octobre, en est la victime la plus médiatique. Dans un entretien au Parisien, l’ex-patron du FMI disait avoir eu des soupçons cet été sur certains flux financiers. Sa perte devrait se chiffrer en centaines de milliers d’euros.
Il ne sera pas le seul. Les litiges en cours avec l’assureur La Bâloise, portant sur 2 millions d’euros, et un fonds d’investissement suisse, Insch Capital Management, ont déjà été rendu publics.
Côté actionnaires, au-delà de Thierry Leyne et DSK, le capital était très morcelé, d’autant que LSK a multiplié les augmentations de capital – la dernière, de 1,14 million d’euros, souscrite par un particulier, date du 2 septembre. En octobre 2012, quatre fonds RP Sélection, gérés par la société française SPGP, ont par exemple investi un total de 2,5 millions d’euros en actions Anatevka, ancien nom de LSK, selon les documents déposés au greffe luxembourgeois. «C’est une position initiée, il y a plus de 10 ans (Compagnie Financière de Deauville), peu significative à l’époque au regard des actifs gérés et dont l’illiquidité depuis plus de quatre ans a contribué à figer cet investissement», a indiqué la société de gestion par mail à L’Agefi.
Assya AM avait ce même jour d’octobre 2012 souscrit 7,2 millions d’euros d’actions de sa maison-mère, un exemple des nombreux transferts de fonds entre les structures de la galaxie. BFM Business a rapporté qu’UBS Luxembourg, Euroclear Bank, et les suisses Pictet et EFG étaient aussi exposés.
Par ailleurs, à fin 2012, selon ses derniers comptes publiés – et approuvés avec réserve par Ernst & Young –, LSK affichait 36,7 millions de dette, dont 8,1 millions à moins d’un an, avec 8,7 millions de dette bancaire. Le Crédit Agricole Centre Loire, qui lui avait prêté 2 millions en 2010, a réussi à se faire rembourser en janvier 2013 après une mise en demeure. Sur les sept premiers mois de 2013, LSK a émis selon nos calculs 14,2 millions d’obligations en euros et 5,5 millions en dollars. Elle a accusé en 2012 une perte de 18 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien