L’enquête de Bruxelles sur les CDS rend la tâche d’ICE plus difficile
Séduire les actionnaires est une chose. Séduire les régulateurs en est une autre. Sur ce point, la paire Nasdaq OMX/ICE, qui a officiellement lancé hier soir son offre hostile de 11,1 milliards de dollars sur Nyse Euronext, voit sa proposition de rachat se compliquer avec l’interférence de l’enquête lancée par Bruxelles sur les relations entre ICE Clear Europe et les banques d’investissement sur le marché des CDS. Même si elle rentre dans le cadre des règles antitrust de l’Union européenne, et n’a absolument rien à voir avec l'éventuel rachat par ICE de la partie dérivés de Nyse Euronext, insiste-t-on à Bruxelles, l’enquête, actuellement à un stade préliminaire, ne met pas la Bourse américaine et son allié dans les meilleures dispositions.
Nasdaq OMX a récemment fait l’objet d’une deuxième demande d’information de la part des autorités antitrust américaines sur son projet qui créerait un mastodonte des cotations avec 100% de parts de marché aux Etats-Unis. De son côté, l’activité de compensation d’ICE, d’après Chantana Sam, stratégiste crédit chez Axa IM, semble avoir une «part écrasante du marché» tant en Europe, via ICE Clear Europe, qu’aux Etats-Unis, au travers d’ICE Trust. «Le groupe est logiquement en position dominante et a pleinement profité de ses liens avec les grandes banques d’investissement négociant des CDS et qui étaient à l’origine ses actionnaires. En termes d’intérêt ouvert total (open interest, ndlr), le service de compensation d’ICE Clearing détiendrait ainsi 99% de parts en Europe et près de 100% aux Etats-Unis», souligne l’expert.
Depuis son lancement en mars 2009, ICE Trust a traité 9.815 milliards de dollars de notionnel brut de CDS sur indices et 799 milliards de CDS sur simple signature pour des intérêts ouverts de 325 et 299 milliards de dollars respectivement. Le CME ne couvre actuellement qu’un intérêt ouvert de 44,5 millions de dollars. Pour ICE Clear Europe, démarré en juillet 2009, le notionnel brut atteint 4.439 milliards d’euros sur indices et 838 milliards sur les single names.
D’après Chantana Sam, Eurex fait seulement état d’un intérêt ouvert de 85 millions d’euros sur indices et 10 milions sur les simples signatures, aucune transaction n’ayant été effectuée en 2011. Quant à LCH.Clearnet, lancé en mars 2010, il affiche un total notionnel brut de 44 milliards d’euros et un intérêt ouvert de 5,23 milliards. Du grain à moudre pour les autorités antitrust.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe. -
Le fondateur de BPEA Jean Salata prend la présidence d'EQT
Prévu de longue date, le passage de flambeau entre le fondateur Conni Jonsson et le patron d'EQT pour l'Asie, Jean Eric Salata, à la présidence du conseil d'administration a été validée lors de l'assemblée générale. Le patron de Schneider Electric fait par ailleurs son entrée au conseil. -
Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
Fannie Wurtz prend la direction du pôle clients du gestionnaire d'actifs du Crédit Agricole tandis que Vincent Mortier supervisera le pôle investissements. -
Derrière l’engouement pour le PER, une attractivité à relativiser
Bercy annonce 12,9 millions de PER détenus fin 2025. Un chiffre qui confirme la prise de conscience de la nécessité de préparer sa retraite, mais qui interpelle au regard du faible nombre de Français pour qui ce produit a réellement du sens sur le plan fiscal.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique