L’emploi américain ne remet pas en cause le tapering de la Fed
Malgré des chiffres mitigés, le rendement des obligations d’Etat américaines à 2 ans est revenu à 0,29%. Un niveau proche des taux Fed funds
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Patrick Aussannaire
Ce sont encore des statistiques mitigées qui ont été publiées vendredi concernant le redressement de l’emploi américain. Les créations d’emplois non agricoles sont ainsi ressorties à seulement 113.000 au mois de janvier, après un mois de décembre déjà décevant avec 75.000 nouveaux postes créés. En outre, ces chiffres sont bien inférieurs aux prévisions du consensus qui tablait sur un net rebond de 180.000. La moyenne des créations d’emplois globales sur douze mois a ainsi reflué à 186.500, après avoir dépassé le seuil des 200.000 en décembre.
Le secteur de la construction a été le plus fertile avec 48.000 postes créés, devant le secteur manufacturier qui en a créé 13.000 : signe que les mauvaises conditions météorologiques ont eu un impact limité. Le secteur public a quant à lui continué sa mue avec 12.000 destructions de postes.
Pourtant, le taux de chômage a poursuivi sa tendance baissière pour tomber à moins de 6,6%, son plus faible niveau depuis octobre 2008. La baisse du taux de participation, pointée du doigt comme une des faiblesses de l’amélioration de la situation de l’emploi aux Etats-Unis depuis la reprise s’est en outre offert un répit en rebondissant de 0,2 point à 63%, après être tombé en décembre à son plus faible niveau depuis 35 ans. Depuis mi-2008, il a reculé de plus de trois points.
Face aux fortes attentes des marchés sur l’emploi, considéré comme un indicateur avancé du rythme de normalisation de la politique monétaire de la Fed, la réaction a été vive sur les changes puisqu’après avoir baissé à 1,3576 contre euro après la publication des chiffres, le dollar s’est ensuite repris pour revenir à 1,3612. D’ailleurs, le billet vert s’est même envolé contre le yen pour atteindre une parité de 102,58.
«Nous ne pensons pas que ces chiffres sont suffisants pour que la Fed suspende son tapering au mois de mars», estime BNP Paribas. Malgré le lancement officiel du ralentissement des rachats d’actifs de la Fed, le taux 10 ans a terminé la séance en très léger repli de 3 pb, à 2,67%, après avoir reculé à 2,63% en séance. En outre, la «forward guidance» semble fonctionner puisque le rendement des Treasuries à 2 ans a chuté de 3 pb pour revenir à 0,29%, à quatre points seulement de la borne haute du taux des Fed funds. Et ceci malgré un taux de chômage à 0,1 point du seuil des 6,5% jadis évoqué par la Fed comme le déclencheur de la normalisation des taux directeurs.
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