L’emploi américain maintient son rythme de croissance solide
Les créations d’emplois non agricoles ont été en moyenne de 235.000 sur les six derniers mois et le taux de chômage est revenu à 5,8%.
Publié le
Patrick Aussannaire
Jusqu’où le taux de chômage américain devra-t-il descendre pour que la Fed considére sa politique monétaire trop accommodante? Même s’il se situe légèrement en deçà des attentes, le rythme de créations d’emplois non agricoles est resté impressionnant en octobre en dépassant le seuil des 200.000 pour le 9e mois consécutif. En atteignant un niveau de 212.000 après des chiffres révisés à la hausse d’un total cumulé de 31.000 sur septembre et août, elles ont ainsi été de 235.000 en moyenne sur les six derniers mois, contre 205.000 sur les six mois précédents.
Un rythme suffisant pour faire chuter le taux de chômage à 5,8%, son plus faible niveau depuis juillet 2008 et à seulement 1,4 point du plus bas enregistré lors du cycle précédent la crise financière de 2008. Un écart que l’économie américaine a comblé en seulement un an, le taux de chômage était encore à 7,2% en octobre 2013. Même le taux de participation, un des principaux motifs mis en avant par Janet Yellen pour justifier le maintien des taux exceptionnellement bas, a regagné 0,1 point pour revenir à 62,8%.
Seule ombre au tableau: la hausse des salaires est restée stable entre 1,9% et 2,2% depuis novembre 2012, à 2% en octobre. Or, la Fed estime certainement à 3% le rythme déclenchant des pressions inflationnistes, selon BNP Paribas. Le taux de swap inflation 5 ans dans 5 ans a chuté de 41 pb depuis mi-juillet à 2,5%, au plus bas depuis fin 2011. Les marchés ont légèrement réajusté leurs anticipations au vu de la robustesse de l’économie américaine. Après son plus bas de 0,31% mi-octobre, le taux américain à 2 ans s’est tendu de 21 pb pour revenir à 0,52% et le 10 ans de 18 pb à 2,32%.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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