L'émission d’euro-obligations continue de susciter le débat
Alors que les craintes forcissent du côté de Rome au sujet d’un possible arrêt des achats de titres italiens par la Banque centrale européenne (lire aussi page 2) et que le pays peine à boucler son plan d’austérité de 45 milliards d’euros, le ministre italien de l’Economie a réaffirmé ce week-end son soutien à une émission d’obligations garantie par les pays de la zone euro. «Les euro-obligations se feront, tout à fait», a déclaré Giulio Tremonti lors d’une conférence à Cernobbio. «Ou nous adoptons les euro-obligations, ou nous aurons des problèmes critiques», a-t-il prévenu.
Un volontarisme qui se heurte toutefois à une levée de bouclier outre-Rhin. Fin août, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu’un tel mécanisme serait «une mauvaise réponse à la crise du moment» puisqu’il conduirait «à une union de la dette et non à une union de la stabilité». L’institut munichois Ifo a chiffré à 47 milliards d’euros par an les coûts de financement supplémentaires d’une telle mesure. Paris ne cache pas de son côté son scepticisme, le Premier ministre François Fillon considérant que cela «accroîtrait le coût du service de la dette française».
Malgré ce front du refus, l’idée continue d'être commentée. Selon Standard & Poor’s (S&P), une obligation commune à la zone euro prendrait pour modèle les émissions jumbo-Pfandbriefe allemandes où chaque Länder garantit sa partie. Et dans cette perspective, c’est la note du pays le moins bien noté qui primerait.
«Si l’euro-obligation est structurée comme cela et que nous avons des critères publics, la réponse alors est très simple. Si nous avons une euro-obligation où l’Allemagne garantit 27%, la France 20% et la Grèce 2%, sa note sera CC, la notation de la Grèce», a expliqué samedi le responsable des notations souveraines en Europe de S&P, Moritz Krämer, lors d’un forum en Autriche. S&P a dégradé la note souveraine de la Grèce de CCC à CC en juillet.
Ce dernier a néanmoins souligné que l’agence de notation ne discutait pas de ce dossier hautement sensible avec l’Union européenne. «Ce n’est pas notre travail d’aider à structurer ou de conseiller. Nous ne le faisons pas, pour empêcher les conflits d’intérêt», a-t-il affirmé.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques -
Clésame se positionne sur le marché stratégique du transfert intergénérationnel
Alors que plusieurs milliers de milliards d’euros doivent changer de mains dans les prochaines décennies, la legaltech française Clésame développe une solution numérique visant à structurer la transmission de son vivant et à fluidifier son règlement pour les professionnels du patrimoine. -
« Si les marges de crédit paraissent peu attrayantes, le taux de rendement global l’est »
Olivier Robert, responsable de l'équipe Fixed Income chez CPR AM -
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran