L’effondrement de Phones 4U rappelle les risques du marché «high yield»
Le rendement est une fonction croissante du risque. Ce principe fondamental de la théorie financière s’est rappelé aux souvenirs des investisseurs dans le marché «high yield» avec la mise en faillite du groupe britannique Phones 4U. Détenu par la société de capital-investissement BC Partners, le distributeur de téléphones mobiles a perdu ses deux plus gros contrats qui représentaient à eux seuls 90% de son chiffre d’affaires.
L’annonce coup sur coup du non-renouvellement des accords de distribution des produits de Vodafone puis d’EE (co-entreprise entre Deutsche Telekom et Orange) a fait chuter la valeur des obligations de l’opérateur cotées sur le marché secondaire.
Le prix des obligations de coupon 9,5% émises en mars 2011 et qui arrivent à échéance en 2018 s’est écroulé de 102 à 19,2 pence hier. Outre ces titres d’un montant notionnel de 430 millions de livres, la société détient également 205 millions de titres payment-in-kind (PIK) d’échéance 2019 et offrant un coupon de 10% émis l’an dernier dans le but de financer le versement d’un dividende à ses actionnaires. Leur prix a chuté pour tomber à seulement 0,67 pence, alors qu’il cotait encore au pair au mois d’août. A ces 635 millions de dette s’ajoute une facilité de crédit revolving de 125 millions de livres arrivant à maturité en mars 2017.
Moody’s avait alerté le mois dernier sur les risques qui caractérisent le recours aux emprunts sous forme de PIK qui permettent aux emprunteurs sous LBO de rembourser les intérêts en émettant d’autres types de dette, ou par des titres de la société emprunteuse ou par l'émission d’options d’achat d’actions, ce qui permet ainsi de ne pas utiliser sa trésorerie. L’agence estime ainsi que 66% des émetteurs de ce type de titres en 2013 ont ensuite soit vu leur note dégradée d’un cran, soit passée sous perspective négative, alors que 30% des émissions réalisées avant 2008 ont depuis été en défaut de paiement.
Dans ce contexte, une bataille s’est engagée entre Vodafone, accusé d’avoir précipité la faillite de Phones 4U par BC Partners, qui a lui racheté la société en 2011 pour environ 600 millions de livres et s’est assuré un profit de 30% sur son investissement en ayant recours à l’émission de PIK. La faillite qui pourrait profiter à son concurrent, Dixons Carphone, jouissant déjà d’une part de marché de 11% sur les ventes de téléphones mobiles au Royaume-Uni.
{"title":"","image":"81436»,"legend":"Emissions sur les cr\u00e9dits»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Jean-Marc Chéry (STMicro): «Il y aura à un moment donné une correction sur le marché de l'IA»
Dans un entretien à L'Agefi, Jean-Marc Chéry, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics, confirme le potentiel important des nouveaux marchés de l'intelligence artificielle tout en revendiquant une approche équilibrée en termes de débouchés pour le groupe. -
L'activité économique repart à la hausse en zone euro au mois de juillet
Activité globale, services ou industrie, tous les PMI européens sont en croissance en juillet. Un peu moins d’inflation et des chaînes d’approvisionnement moins perturbées ont permis de reconstituer les stocks tandis que la demande est repartie à la hausse. -
Allianz se renforce encore en Asie grâce à HSBC
Après l’échec du rachat d’Income Insurance sur l’île-Etat, Allianz tente à nouveau d’étendre son empreinte à Singapour en se portant acquéreur des activités d’assurance vie et santé de HSBC pour 2,1 milliards de dollars. Les deux groupes signent un partenariat de distribution de long terme. -
Audacia approche du milliard d'euros d'encours sous gestion
La société de gestion cotée sur Euronext Growth est portée par l'essor de ses fonds thématiques qui concentrent désormais 89 % des revenus. -
Pénalisé par la France, Carrefour déçoit les attentes
Le distributeur a révélé un profit opérationnel inférieur aux attentes en raison notamment d'une contre-performance dans l'Hexagone. Son action est sanctionnée en Bourse. -
Sanofi pénalisé en Bourse par l'abandon du développement du successeur du Dupixent
Le laboratoire français Sanofi accuse le coup en Bourse après l'annonce de l'arrêt du développement de l'amlitélimab contre la dermatite atopique, un traitement vu comme le successeur du Dupixent.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- SBI Funds Management, co-entreprise d'Amundi en Inde, grimpe d'environ 9% pour ses débuts en Bourse
- Une majorité d’ETF classés Article 8 détiennent des titres de fabricants d’armes
Contenu de nos partenaires
-
Les investisseurs et les analystes pensent que Musk, principal actionnaire individuel des deux sociétés, pourrait chercher à fusionner SpaceX et Tesla pour former une seule entreprise axée sur l’IALa réalité rattrape Elon Musk et les fans de Tesla et SpaceX
Le cours de Bourse du constructeur de véhicules électriques a chuté de 15 % après la publication de résultats trimestriels décevants, tandis que le titre du fabricant de fusées a perdu 50 % de sa valeur par rapport à son niveau le plus haut -
Réseaux sociaux, fin de vie, agriculture… L’été chargé du Conseil constitutionnel
Les Sages s’acheminent vers un nouveau record de saisines en 2026 et devront se prononcer dans les semaines à venir sur plusieurs textes controversés. -
BudgetMédicaments et soins dentaires : le gouvernement accélère sur les déremboursements en santé
L'exécutif a annoncé des économies de 1,4 milliard d'euros sur différents actes et médicaments vendredi, 24 heures à peine après avoir informé les Français d'une hausse de leur contribution prochaine à travers les franchises