L’efficacité de la gestion active fait à nouveau débat au Royaume-Uni
L’initiative de Neptune Investment Management n’est-elle qu’un feu de paille marketing, ou assiste-t-on aux prémices d’une autoréglementation du monde de la gestion d’actifs, critiqué pour son manque de transparence sur ses frais ? Toujours est-il que Robin Geffen, qui a fondé la société britannique en 2002, estime avoir «frappé un grand coup» face à la concurrence hier en rendant publique la «part réellement active» de chacun de ses fonds. Ce revirement stratégique, qui, en réalité, emboîte le pas de Threadneedle, a nécessité un ménage dans l’offre de Neptune IM, qui a fermé 40% de ses produits.
En clair, le Britannique indique désormais le degré de divergence du portefeuille de valeurs de ses fonds par rapport à son indice de référence (benchmark). Fin décembre, ce taux atteignait 76%. Cette initiative est censée faire la différence avec une attitude supposée commune parmi les acteurs de la Place, dont les fonds commercialisés comme «actifs» (supposés requérir l’intervention quotidienne de gérants) se contenteraient en fait de reproduire leur benchmark. Au grand dam des clients, puisque les frais de gestion d’un fonds actif sont logiquement plus élevés que ceux d’un fonds passif, qui nécessite moins d’implication de la part des professionnels.
Neptune IM, qui gère 5,4 milliards de livres d’actifs (7,2 milliards d’euros), avait elle-même été critiquée pour avoir lancé un nombre important de fonds avec des professionnels peu expérimentés. La société ajoute un niveau hiérarchique supplémentaire: désormais, des analystes expérimentés assisteront directement les gérants, en plus des analystes travaillant déjà pour la société; leurs recommandations seront comparées aux indices de référence. Les deux tiers d’entre eux seront recrutés et devront être certifiés CFA, ACA ou assimilés, assure la société, tandis qu’un tiers sera issu de la promotion interne.
En novembre dernier, le Financial Services Consumer Panel (FSCP), un organe consultatif de défense des consommateurs, avait déploré dans un document de travail la «mauvaise transparence» du secteur de la gestion: parmi les nombreux griefs soulevés, le FSCP remarquait que certains professionnels facturaient des frais de gestion active «alors qu’ils ne font en pratique rien de plus que de répliquer la composition d’un indice».
Pour y remédier, le panel avait proposé que le régulateur exige de la part des gérants des preuves du caractère actif de leur gestion.
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