L'économie japonaise affiche un ralentissement en trompe-l'œil
Les attentes de résultats concernant la politique menée par le Premier ministre japonais sont tellement fortes que la publication d’une croissance de 2,6% au deuxième trimestre en rythme annualisé a été jugée décevante par les investisseurs. Le consensus tablait en effet sur un rythme de 3,6%, et la croissance du premier trimestre a été révisée à la baisse à 3,8% sur un an, contre 4,1% annoncés en première estimation. La mauvaise surprise est venue de l’investissement en immobilier résidentiel qui a baissé de 0,2% sur le trimestre, et de l’investissement privé en capital, en baisse de 0,1%.
Il s’agit pourtant du troisième trimestre consécutif de croissance pour l’économie japonaise, et certainement la plus forte des pays du G7. En outre, la variation des stocks a pesé à hauteur de 1,1 point sur la croissance. «La croissance plus faible qu’anticipé ne doit pas être interprétée comme un signe de faiblesse de l’activité économique, dans la mesure où elle est principalement due à la baisse surprise des stocks», relève Barclays. Et CA CIB d’ajouter que les entreprises devront certainement reconstituer leurs stocks dans les mois à venir, ce qui soutiendra la croissance au cours des prochains trimestres.
Les chiffres du PIB ont révélé en outre une forte hausse de la consommation des ménages, de 0,8% sur le deuxième trimestre, contribuant ainsi à la croissance à hauteur de 0,5 point sur 0,6 d’un trimestre à l’autre. Les exportations nettes ont également apporté une contribution de 0,2 point à la croissance et l’investissement public de 0,3 point. «Nous prévoyons que l’économie japonaise progresse à un rythme bien supérieur à son potentiel (0,7% annualisé selon nos estimations jusqu’au premier trimestre 2014), et que la croissance japonaise surpasse celle de ses concurrents du G7 durant cette période», anticipe même Barclays.
Dans ce contexte, CA CIB estime que «les conditions économiques sont réunies pour une hausse du taux de TVA de 5% à 8% à la date prévue d’avril 2014», malgré les craintes qu’elle vienne peser sur l’activité du pays. Une décision finale du gouvernement est attendue d’ici le mois d’octobre. Les conditions qui freineraient sa mise en place sont une chute éventuelle du marché actions, due notamment au ralentissement des rachats d’actifs de la Fed, ainsi que l’accroissement des risques d’une chute brutale de la croissance chinoise.
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