L'économie française reste coincée dans les «starting-blocks»
La reprise de l’activité française n’est pas pour aujourd’hui. Non seulement le PIB est resté stable au premier trimestre, contrairement au léger rebond attendu par l’Insee, mais la croissance du dernier trimestre 2013 a été révisée à la baisse de 0,1 point, à 0,2%. La consommation, traditionnel moteur de l’activité, a chuté de 0,5%, effaçant la hausse de 0,2% du trimestre précédent. L’investissement total s’est également fortement replié de 0,9%, avec la poursuite du réajustement de l’investissement des ménages, en contraction de 2,6% après -2,2% fin 2013, et la rechute de celui des entreprises, après deux trimestres de reprise pourtant encourageants.
La résistance de l’euro a également pesé sur l’activité avec une contribution négative du commerce extérieur de 0,2 point, alors qu’il avait ajouté 0,3 point au trimestre précédent, du fait de l’effet croisé d’une accélération des importations et d’un ralentissement des exportations. Les variations de stocks ont ainsi sauvé la croissance en lui apportant 0,6 point, après lui en avoir ôté 0,3 point fin 2013. «La confiance des chefs d’entreprise a profité de l’accélération de la croissance observée chez nos principaux partenaires commerciaux, notamment en Allemagne», estime le Crédit Agricole.
Le Crédit Agricole table sur un léger rebond de l’activité de 0,3% au deuxième trimestre. Natixis prévoit une croissance de 0,6% en 2014, contre une prévision budgétaire de 1%, et un consensus à 0,9%. Avec un acquis de croissance atone de 0,3%, la France devrait connaître «une reprise très progressive liée à la phase d’ajustement que va traverser le pays, qui devrait sous-performer l’activité en zone euro dans les prochaines années», explique la banque. Une faiblesse de l’activité qui, avec la force de l’euro, exerce des pressions à la baisse sur les prix, avec une inflation à 0,7% en avril.
Dans ce contexte, le gouvernement a reçu hier un avertissement de la part du FMI concernant les risques croissants pesant sur ses objectifs budgétaires. Le Fonds souligne notamment les risques qui pèsent sur les prévisions de croissance de Paris et doute de sa capacité à respecter son engagement de réduction des dépenses. Avec une inflation qui devrait rester faible à 1% en 2015, «des conditions monétaires plus accommodantes aideraient la France à respecter son programme budgétaire et à tirer bénéfice des réformes structurelles», estime le FMI.
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