L'économie allemande montre d’inquiétants signes de faiblesse
Publié jeudi, le PIB allemand pour le deuxième trimestre est attendu en stagnation. Mais certains économistes n’excluent pas une contraction
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Laurent Chemineau
Après l’Italie, officiellement retombée en récession, et la France, les interrogations sur la croissance économique gagnent l’Allemagne. Et l’escalade récente des représailles économiques entre l’Occident et la Russie n’ont fait que renforcer les doutes sur la capacité de la première économie de la zone euro a surmonter l’inertie de ses partenaires européens, ce qui compromettrait la fragile reprise en zone euro.
En juin, les exportations et les importations allemandes ont augmenté de respectivement 0,9% et 4,5%, signe que la crise ukrainienne pèse encore peu sur les chiffres globaux. Pour le premier semestre, l’excédent commercial allemand est en hausse (99,3 milliards contre 97,9 milliards un an plus tôt). Mais même en intégrant ce soutien commercial, certains économistes craignent une contre-performance du PIB allemand entre avril et juin, dont la première estimation officielle sera publiée jeudi 14 août, tout comme en France. A l’appui de ces inquiétudes, les commandes à l’industrie ont subi en juin leur plus forte baisse depuis près de trois ans et la production industrielle n’a progressé que de 0,3%, bien moins qu’attendu.
Les exportations allemandes vers la Russie, qui représentent 3,3% du total, ont déjà chuté d’environ 15% sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à la période correspondante de 2013. Environ 10% des entreprises exportatrices allemandes écoulent une partie de leur production en Russie et certaines d’entre elles, comme le groupe de défense Rheinmetall ou le fabricant de médicaments génériques Stada, ont averti la semaine dernière des risques que fait peser la crise ukrainienne.
Le commerce extérieur «n’aura probablement pas compensé totalement les très mauvais chiffres de la production industrielle (...), ce qui signifie que le PIB devrait s'être légèrement contracté au deuxième trimestre», redoute Christian Schulz, économiste senior de Berenberg Bank. Selon le consensus Reuters, le PIB allemand devrait avoir stagné au deuxième trimestre après une croissance de 0,8% de janvier à mars. Le ralentissement du moteur économique allemand constituerait une mauvaise nouvelle pour la France. La Banque de France a indiqué vendredi que le PIB français n’augmentera que de 0,2% au troisième trimestre, au même rythme que ce qu’elle attend pour le deuxième trimestre.
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