Le Trésor veut faciliter l’investissement des assureurs dans la titrisation
Bercy étudie les moyens de faciliter l’investissement des assureurs dans la titrisation. La direction générale du Trésor a clos ce lundi une consultation à ce sujet. Elle propose de modifier le code des assurances afin de permettre aux compagnies d’investir plus facilement dans les titres émis par les fonds communs de titrisation (FCT).
Le Trésor constate que «de nombreuses initiatives visant à bénéficier des rendements offerts par les prêts, en direct ou au travers de fonds, se développent dans un contexte de taux bas et de réduction des bilans des établissements de crédits». Or, à ses yeux, la réglementation des assureurs n’est «pas pleinement adaptée à ce phénomène». Si bien que les assureurs boudent ces investissements ou font des «arbitrages réglementaires».
«L’idée est de créer une nouvelle catégorie d’actifs éligibles et de dire qu’à partir du moment où on utilise un organisme de titrisation extrêmement transparent, on considère que l’assureur a prêté directement et donc que le traitement au regard de la réglementation sera favorable», résume Hervé Touraine, avocat associé chez Freshfields. Le Trésor précise que les changements seront compatibles avec la future régulation européenne alors que Solvabilité 2 devrait être seulement totalement effective en 2016. Les ajustements proposés «vont permettre la prise en compte du développement de nouveaux véhicules pour le financement des PME-ETI et vont dans le sens des efforts des assureurs pour financer ces entreprises», se félicite la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA).
«Si le Code des assurances autorise explicitement les entreprises d’assurance à détenir des prêts en représentation de leurs engagements réglementés, cette détention est strictement limitée», expliquait le sous-gouverneur de la Banque de France, Robert Ophèle, fin février, en plaidant pour un changement du code. Les parts d’organismes de titrisation ne peuvent être souscrites par les assureurs que si elles sont négociées sur un marché reconnu, une catégorie qui, par exemple, ne comprend pas Alternext.
Qui plus est, la souscription n’est possible que dans la limite des actifs dont l’enveloppe globale ne peut pas dépasser 5% des engagements réglementés. Les assureurs sont ainsi conduits «à passer par des FCT dont le montage constitue de l’évitement réglementaire avec un passage en Irlande et une cotation au Luxembourg qui les rend éligibles au titre de l’enveloppe de 5%», soulignait Robert Ophèle.
{"title":"","image":"79614»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable. -
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection. -
L’Asie accélère sa transition pour sortir de la dépendance énergétique
La crise d’Ormuz a révélé l’étendue de la dépendance des pays asiatiques aux fournisseurs d’hydrocarbures du Golfe. Elle leur donne de nouveaux arguments pour accélérer leurs stratégies de diversification et d’autonomie, selon l’AIE.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français -
Lisnard, Debat... Le mercato estival de l'Association des maires de France
Le maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, a été élu mercredi pour succéder à André Laignel comme premier vice-président délégué de l'AMF. Ce n'est pas le seul changement en vue