Le trading algorithmique et l’arbitrage ont profité des turbulences d’août
Les facteurs soutenant l’idée de la prédominance de l’arbitrage et du trading haute fréquence dans la crise de début du mois ne manquent pas
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Tân Le Quang
Entre le 1er et le 12 août, les volumes journaliers sur les principaux indices européens locaux ont bondi de 79% par rapport à juillet, à 41 milliards d’euros. C’est ce que rapportent TAG et CA Cheuvreux dans leur étude mensuelle de suivi des indicateurs de marché. Cette dernière montre que la hausse provient d’une envolée du nombre de transactions sur toutes les places de négociations. Pour Turquoise, elle a atteint 106% à 4.158 transactions, contre +89% pour Euronext à 17.254 et +83% pour BATS. Concernant la taille des ordres, celle-ci a baissé, sur l’indice CAC40, chez Euronext, de 18% à 7.440 euros, contre +9,8% pour BATS à 4.218 euros et +6% à 4.822 euros pour Turquoise.
Au cours des turbulences, les opérateurs historiques, en dehors de Deutsche Börse, ont perdu du terrain face aux plates-formes alternatives (MTF). La part de marché d’Euronext sur le CAC40 s’est contractée de 64,2%, en juillet, à 63,5% au début du mois. Turquoise a vu la sienne passer de 7,4% à 8,3%. Sur le FTSE100, celle du LSE a reculé de 54,1% à 52%, alors que Chi-X et Turquoise ont vu la leur croitre, dans l’ordre, de 8,5% à 9,1%, et de 29,2% à 31%.
Alors que les transactions boursières sont montées en flèche début août dans un contexte de volatilité (lire aussi L’Agefi des 12 et 17 août) et d’écarts de prix (bid-ask) extrêmement élevés, la liquidité lors des périodes de fixing - qui constituent les principaux avantages compétitifs des opérateurs historiques par rapport aux MTF qui, eux, n’en ont pas- n’a pas crû autant que les volumes observés lors des périodes de cotation en continu. Selon Pablo Garmon, Europe business development manager chez Tag, «les facteurs soutenant l’idée de la prédominance de l’arbitrage et du trading haute fréquence au cours des deux premières semaines n’ont pas manqué : forte augmentation du nombre de transactions, explosion des volumes en cotation continue, diminution de la taille des ordres.»
D’après lui, le trading algorithmique, l’arbitrage et les market-makers, ont représenté une grande partie de la hausse des volumes de transactions, ce qui n’a pas été le cas des investisseurs institutionnels. Pour autant, l’expert estime que le trading haute fréquence n’est pas la cause de la débâcle boursière mais qu’il en a compliqué les conséquences en exacerbant la volatilité et en soutenant l’activité boursière.
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